Indemnités maladies

Les jeunes généralistes contestent les règles de la CARMF

Publié le 13/03/2013
Alerté par une de ses adhérentes, le Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (ReAGJIR) dénonce les conditions de versement des I.J. par la caisse de retraite des médecins libéraux. La jeune généraliste, atteinte d’une pathologie chronique antérieure ne pourra pas toucher d’indemnités maladies avant deux ans. Début de polémique, à laquelle la CARMF répond, sûre de son bon droit.

Voilà une polémique qui ne surprendra peut-être pas les initiés, mais pourrait relancer le débat sur la protection sociale des médecins libéraux. La CARMF peut-elle légitimement soumettre à conditions le versement de ses indemnités maladies ? Non, estime le syndicat ReAGJIR (Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants) qui dénonce les conditions resstrictives de versement des indemnités maladies définies dans les textes de la CARMF. C’est par l’appel de l’une de leurs adhérentes que les jeunes médecins prennent connaissance de ces clauses et décident de mener « bataille » pour la suppression de ces modalités.

Atteinte d’une pathologie chronique depuis plusieurs années, la jeune généraliste récemment thésée et en projet d’installation procède donc à son inscription auprès de la CARMF, comme il se doit pour tous les médecins titulaires du diplôme de Docteur en médecine exerçant une activité libérale. Elle apprend alors qu’elle ne pourra bénéficier d’aucune indemnité en rapport avec son problème de santé avant deux années de cotisations. Le texte précise que seul un tiers des indemnités journalières pourra être versé en cas d’arrêt maladie liée à cette pathologie à partir du 9e trimestre, puis les deux tiers entre le 16e et le 24e trimestre. « Ce n’est donc qu’au terme de sept années de cotisations à la CARMF que la généraliste pourra prétendre à la totalité des indemnités journalières », proteste le syndicat. ReAGJIR trouve ces contraintes d’autant plus saumâtres qu’il rappelle que la cotisation invalidité-maladie est une cotisation obligatoire. Le syndicat estime que ces règles du jeu peuvent avoir des «conséquences dramatiques» pour les confrères en mauvais état de santé et les trouve «injuste pour la jeune génération». ReAGJIR, qui promet de soulever la question lors de son prochain congrès à Clermont-Ferrand les 22 et 23 mars, assure qu’il mettra « tout en œuvre pour aboutir à la suppression de ce texte ».

Bien qu’il comprenne la « gêne » et « l’émotion » des jeunes médecins, le vice-président de la CARMF, Yves Leopold, défend le bien-fondé de cette réglementation. « Nous tenons toujours compte de l’état antérieur, cette notion existe partout même dans la fonction publique. Il y a là une certaine logique. Il me paraît difficile pour un organisme de prendre en charge une pathologie antérieure », explique-t-il. L’affaire intervient, alors que les cotisations retraites des médecins ont augmenté assez significativement cette année.

Caroline Laires-Tavares

Source : legeneraliste.fr