Santé publique

Le suicide, fléau Français

Publié le 13/12/2011
L’Inserm a enregistré 10 464 décès par suicide en France en 2009. Une mortalité par suicide très élevée par rapport à ses voisins européens. Avec un paradoxe : les femmes, moins touchées que les hommes, sont plus nombreuses à penser au suicide. Et toujours une sureprésentation du phénomène dans le quart nord-ouest de l’Hexagone.

Crédit photo : ©Joubert BSIP

Près d’un décès sur cinquante est un suicide. «La France se situe parmi les pays occidentaux à forte mortalité par suicide, après notamment la Finlande, la Lituanie, la Lettonie, la Hongrie et la Slovénie», rapporte François Berk, l’un des auteurs de l’étude du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales du décès (CépiDC) de l’Inserm. La publication mardi d’une série d’études publiées par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) révèle que le suicide est «une catastrophe quotidienne» qui touche en France davantage les hommes que les femmes. Ils représentent les trois-quarts des décès par autolyse (7 739 décès masculins contre 2 725 décès féminins), alors qu’ils sont moins nombreux à tenter de se suicider.

L’étude explique ce paradoxe par les méthodes employées par les hommes qui sont plus meurtrières (pendaison, arme à feu...) que celles mises en œuvre par les femmes (surdosage de médicaments). «On sait aussi que face au mal-être, les hommes ont davantage tendance à se réfugier dans les conduites à risque, tandis que les femmes verbalisent plus auprès des professionnels de santé», explique François Beck.

TS : 1 Français sur 20

Parce qu’elles ne font pas l’objet d’enregistrements systématiques, les tentatives de suicide sont plus difficiles à étudier. L’enquête révèle cependant que 5,5% des 15-85 ans déclarent avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie, soit un Français sur vingt. Les femmes étant plus nombreuses que les hommes. 7,6% ont déjà essayé de se suicider contre 3,2% chez les hommes, selon l’enquête du Baromètre santé, conduite par l’Inpes auprès de 27 000 personnes. Elles sont aussi plus nombreuses que les hommes à avoir pensé au suicide (4,4% contre 3,4%).

Hommes ou femmes, les 45-55 ans représentent par ailleurs la tranche d’âge la plus touchée. Autre enseignement de cette étude : les régions du Nord et de l’Ouest enregistrent des taux de suicide supérieur au reste de la France. Les violences qu’elles soient sexuelles ou non font parties des facteurs de risque les plus importants. Viennent ensuite la solitude, le chômage, un faible niveau de revenu et la consommation de tabac ou d’alcool.

Une autre étude de l’Institut de veille sanitaire (InVS) estime à environ 90 000 le nombre annuel des hospitalisations pour tentatives de suicide entre 2004 et 2007. Les femmes représentant 65% des séjours. L’enquête indique également un taux d’hospitalisation particulièrement élevé chez les adolescentes.

Caroline Laires-Tavares

Source : legeneraliste.fr