Le recours à l’IVG repart à la hausse

Publié le 30/06/2014

Crédit photo : KEVIN CURTIS/SPL/PHANIE

Simple hausse passagère ou réelle reprise du phénomène ? En 2013, le recours à l’IVG serait reparti à la hausse révèle une étude de la Drees. Dans ce travail, les auteurs (A.Vilain et al.) dressent une comptabilité détaillé des interruptions volontaires de grossesses pratiquées en France en 2012 et donnent la tendance pour 2013.

Une hausse de 4,7%

Résultats : « en 2013, le nombre total d’IVG en France métropolitaine issu du PMSI à la date du 13 mars 2014 a augmenté de 4,7 % par rapport au chiffre de 2012 alors qu’il diminuait légèrement ces dernières années » indique la Drees. Même s’il s’agit de chiffres provisoires, « une légère tendance à la hausse se dessine donc globalement sur l’année 2013 ».

Plusieurs éléments pourraient expliquer le rebond de l’IVG comme le suggèrent les auteurs de l’étude qui pointent « un contexte marqué par la gratuité des IVG depuis le 31 mars 2013, l’augmentation en 2013 de la rémunération des établissements hospitaliers qui pratiquent une IVG et le débat concernant les moyens de contraception ayant eu lieu un an avant ».

A ce titre, l’étude Fecond parue en mai dernier avait d’ailleurs montré que si globalement la controverse sur les pilules de 3ème et 4ème génération n’avait pas entraîné de désaffection vis-à-vis de la contraception, elle pourrait en revanche avoir contribué à un recours croissant aux méthodes naturelles moins fiables (retrait, date) notamment dans les populations précaires. Laissant craindre une hausse des grossesses non désirées dans ces populations.

Cela, alors même que « la contraception d’urgence se développe » souligne l’article de la Drees avec 46 000 boîtes de pilules du surlendemain vendues en 2013 contre 46000 en 2013.

Le boum de l’IVG médicamenteuse

Concernant 2012, la Dress pointent au contraire un léger recul de l’IVG avec 207 000 interventions recensées en Métropole cette année là (contre 209 000 en 2011 et 213 000 en 2010 ). Soit un taux de recours de 14,5 pour 1 000 femmes.

Les femmes de 20 à 24 ans restent les plus concernées, avec 27 IVG pour 1 000 femmes, tandis que ces taux diminuent légèrement chez les moins de 20 ans .

Les écarts régionaux perdurent, avec des recours plus élevés dans les DOM, en Île-de-France et dans le sud de la France.

Les IVG médicamenteuses sont majoritaires puisqu’elles représentent désormais 57 % du total des IVG réalisées en Métropole soit près de 117000 actes en 2012 contre 115000 en 2011.

Les IVG pratiquées hors établissements représentent 15 % du total des IVG en Métropole et 22 % dans les DOM, « où pourtant la pratique des IVG en centres de santé, centres de planification ou d’éducation familiale ne s’est pas répandue » souligne la Drees.

Bénédicte Gatin

Source : legeneraliste.fr