Le généraliste mosellan veut exercer malgré sa mise en examen

Publié le 31/10/2013

Jacques Furlan, 59 ans, ne veut pas laisser tomber son cabinet de Hombourg-Haut (Moselle), malgré sa mise en examen dans le cadre d'une affaire de trafic de Subutex. Le médecin généraliste, par ailleurs maire de cette petite commune a contesté jeudi devant les juges son interdiction d'exercer son métier le temps de l'information judiciaire. Les juges de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Metz ont mis la décision en délibéré au 21 novembre. Alors que l'avocat général s'est prononcé pour le maintien de l'interdiction, le praticien a expliqué qu'étant l'un des rares médecins du département à accueillir des toxicomanes dans son cabinet, ses nombreux patients héroïnomanes étaient sans lui en état "de dépression lié au sevrage". "Ce sont des malades qu'il faut soigner d'une autre manière que des malades classiques", a-t-il insisté. "Je ne suis pas favorable à une vente libre de Subutex sans ordonnance, mais on est arrivé au bout du système", a-t-il estimé, recommandant une "table ronde" sur le sujet. Son avocat, Me Dominique Rondu, a rappelé que M. Furlan et deux autres médecins de Moselle-Est avaient bénéficié d'un non-lieu l'an dernier dans une affaire similaire, faute d'"élément moral de l'infraction". Le Dr Furlan est poursuivi depuis le 11 octobre pour avoir prescrit de fin mars 2011 à avril 2013 près de 25.000 ordonnances de Subutex à quelque 285 patients. En but aux griefs de la Cpam et aux critiques de l’Ordre, le médecin bénéficie toutefois d'un certain soutien dans sa commune de Hombourg-Haut: près de 300 personnes ont signé une pétition sur internet pour sa liberté d'exercer. Et la majorité du conseil municipal a soutenu son choix de rester maire jusqu'à la fin de son mandat.


Source : legeneraliste.fr