Paiement à la performance

Le Collège veut rendre le P4P plus intelligent

Publié le 06/06/2012
Le Collège de la médecine générale estime qu’on peut encore améliorer le dispositif de paiement à la performance des généralistes. Mercredi, il a fait des propositions en ce sens, notamment pour que la qualité de la pratique soit mieux pris en compte dans les objectifs assignés aux médecins traitants.

Crédit photo : ©GARO/PHANIE

Six mois après l’entrée en vigueur du paiement à la performance, le Collège de la Médecine Générale a dressé mercredi une liste des améliorations à apporter. «Il n’est pas question de remettre en cause le P4P, mais simplement de le faire évoluer», explique le Pr Pierre-Louis Druais, président du Collège de la Médecine Générale. Même s’il salue «l’avancée» du dispositif, le Collège continue de mettre en garde contre les effets pervers que pourraient induire le dispositif. Sont notamment pointés du doigt : les orientations préférentielles des pratiques, la non pertinence des seuils et la sélection des patients. Mais le Collège souhaite surtout mettre l’accent sur la production des données. Pour le moment, seul le calcul de l’Assurance maladie fait foi pour évaluer les pratiques des médecins. Ces résultats obtenus à partir des ordonnances permettront de calculer le montant de la prime du paiement à la performance qui sera attribuée au médecin. Or, le Collège estime qu’il existe des exceptions et que le calcul fait par le praticien doit aussi être pris en en compte et au même titre que celui réalisé par la Cnamts. «Si une patiente refuse de faire une mammographie alors que nous lui avons conseillé de le faire, le médecin ne doit pas être pénalisé pour cela », défend le Dr Pascal Charbonnel, membre du conseil d’administration du Collège.

Définir des indicateurs supplémentaires

L’instance recommande également que de nouveaux indicateurs soient intégrés à la rémunération sur objectifs de santé publique. Et demande qu’un dispositif de recueil de données auprès d’un échantillon de médecins soit créé pour mesurer l’efficacité des indicateurs sur la santé des patients et en terme de santé publique. Le Collège souhaite aussi que les caractéristiques sociales des patients et des territoires où les médecins exercent soient pris en compte. Il suggère que des thèmes tels que la qualité de la relation, la coordination des soins, la gestion des problèmes lourds et complexes comme le suivi d’une personne en fin de vie soient pris en compte. D’autres «fonctions essentielles» à la discipline de médecine générale comme par exemple la coordination des soins ou le travail en équipe doivent par ailleurs être intégrés au dispositif.

Le Collège de la Médecine Générale a aussi évoqué au cours de cette conférence de presse l’épineux dossier du DPC (Développement professionnel continu). Son président demande à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qu’un troisième arrêté de nomination à la Commission Scientifique Indépendante (CSI), prenant «réellement» en compte leurs propositions, soit publié.

Caroline Laires-Tavares

Source : legeneraliste.fr