Allergies

L’ambroisie, fléau sanitaire, gagne du terrain

Publié le 03/08/2011
Les autorités sanitaires recommandent comme chaque été l’arrachage de l'ambroisie. Une mauvaise herbe dont le pollen est particulièrement allergisant et qui n'a cessé de s'étendre depuis 50 ans. Un observatoire du phénomène a été créé le 21 juillet. Et, pour mieux identifier le risque, une cartographie de l’implantation géographique de cette mauvaise graine est désormais disponible sur internet.

Crédit photo : ©BSIP/PHOTOTAKE/WAGNER

Ambroisia artemisiifolia... Derrière ce nom savant se cache un véritable fléau sanitaire. Comme l’an passé, le ministère de la Santé recommande l’arrachage des plants d’ambroisie, espèce émergente (importée d'Amérique du Nord, en 1865) et particulièrement allergisante. Il faut faire vite, car la floraison de l’ambroisie commence fin juillet pour s’étaler jusqu’au mois d’octobre. Alerte en Rhône-Alpes, mais aussi en Aquitaine, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, Bourgogne, Pays-de-Loire, puisque la plante ne cesse d’élargir son territoire... Selon la Direction générale de la Santé de plus en plus de régions sont en effet atteintes par ce fléau.

Le risque sanitaire est pris très au sérieux, puisque la lutte contre l'ambroisie a été inscrite dans le 2e Plan national santé environnement 2009-2013 et qu’un comité parlementaire de suivi du risque ambroisie a été créé le 13 avril 2011 par trois députés : Jacques Remiller, Jean-Marc Roubaud et Alain Moyne Bressand.Pour la première fois, un observatoire de l'ambroisie a par ailleurs été mis en place le 21 juillet par les ministères de la Santé, de l'Agriculture et de l'Ecologie. Principal objectif : coordonner les moyens pour lutter contre cette plante dont cinq grains de pollen par m3 suffisent à déclencher des rhinites, conjonctivites et autres urticaires chez les sujets sensibles. Dans un cas sur deux l'allergie peut même conduire à de l'asthme.

Selon les évaluations des ministères entre 6% et 12% de la population exposée est potentiellement allergique au pollen de l'ambroisie. L'observatoire aura pour mission de répertorier les connaissances, y compris les travaux scientifiques sur cette plante et ses effets sur la santé et les milieux. Hébergé par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), l'observatoire sera dirigé par un comité de pilotage avec des représentants des trois ministères concernés et des parties prenantes touchées par la présence de cette plante.

L’ambroisie se reconnaît à sa feuille large, mince, très découpée et qui ressemble un peu à celle de l’oeillet d’inde bien connu des jardiniers. A ceci près que la plante forme un véritable buisson d’un mètre de hauteur au moment de sa floraison. Elle envahit surtout les terrains vagues, le bord des routes et des chemins de fer tout comme les terres agricoles et espaces publics. Depuis avril dernier une cartographie hexagonale de présence de l'ambroisie, réalisée par la Fédération des conservatoires botaniques nationaux (FCBN), est disponible en ligne sur le site du ministère de la santé.

Paul Bretagne

Source : legeneraliste.fr