Revenus

La rémunération du généraliste se forfaitise de plus en plus

Publié le 27/01/2012
La part des forfaits gagne du terrain dans la rémunération du médecin de famille, selon une étude de la Drees. Les statisticiens du ministère de la Santé confirment par ailleurs que l’année 2010 a été mauvaise pour les généralistes.

2010 aura été une mauvaise année pour les médecins libéraux dans leur ensemble et pour les généralistes en particulier. Le service statistique du ministère de la Santé (Drees) confirme dans une étude que les revenus des médecins ont marqué le pas cette année-là. Croissance zéro pour les honoraires (+0,5 %) et même recul de 1 % en euros constants, c’est-à-dire si l’on tient compte de l’effet de l’inflation. Les statisticiens du ministère observent néanmoins que, depuis 2007 «les honoraires moyens des médecins augmentent, mais de moins en moins rapidement: + 1,9% en 2008, +1,2% en 2009, + 0,5% en 2010. »

La Drees confirme aussi que l’évolution chez les généralistes est encore moins enviable que la moyenne : - 1,7 % en euros courants et - 3,2 % en euros constants en 2010, alors que ces curseurs étaient encore en positif l’année précédente (respectivement + 1,2% et + 1,1%). Les généralistes se consoleront peut-être en se disant que l’année 2010 n’a finalement souri vraiment qu’aux opthalmologues qui ont encore vu leurs honoraires progresser de 3,10 % sur cet exercice. Il faut dire qu’ils cumulent deux caractéristiques : le fait d’être de moins en moins nombreux et d’être avec les chirurgiens, les stomatologues et les gynécologues, parmi les quatre spécialités qui font le plus de dépassements d’honoraires.

Disparités importantes

Sur un plus long terme, l’évolution des honoraires médicaux reste modérée sur les années 2000: +0,7% en euros constants entre 2002 et 2010. Mais là encore, les disparités sont importantes : les ophtalmos tirent une fois encore plutôt bien leur épingle du jeu, mais généralistes, psychiatres, dermatologues et même radiologues tournent peu ou prou autour de la croissance zéro en euros constants sur la période.

L’étude de la Drees montre aussi que la part des forfaits est en progression constante dans la rémunération des médecins et notamment des médecins généralistes. Quasi inexistante en 2002 (0,2 %), elle pèse pour 6,5 % des recettes de ces derniers en 2010. Les trois principaux postes étant les forfaits médecins traitants, le Capi (devenu depuis peu P4P) et les forfaits pour gardes et astreintes.

Paul Bretagne

Source : legeneraliste.fr