Sida

La HAS prône un dépistage généralisé du VIH

Publié le 21/10/2009
La Haute Autorité de Santé s’alarme des retards au dépistage et du fait que plusieurs dizaines de milliers de personnes ignorent leur séropositivité. L’institution que préside Laurent Degos voudrait étendre le dépistage mais sans le rendre obligatoire.

La Haute autorité de santé suggère que le dépistage du virus du sida soit proposé à toute la population, de 15 à 70 ans, selon un rapport publié mercredi par le journal Libération. « Bien que l'activité de dépistage soit particulièrement importante en France, avec 5 millions de tests en 2007, plaçant la France au deuxième rang mondial, il persiste un retard au dépistage qui concerne plus particulièrement certains groupes de populations ou d'individus » note la HAS. Selon elle, 47 % des sujets pour lesquels un diagnostic de sida a été porté présentaient un retard au dépistage. Ce retard serait plus fréquent chez les personnes de plus de 40 ans, chez celles d'origine étrangère et celles contaminées par voie hétérosexuelle. De fait, 40 000 personnes ignoreraient qu'elles sont séropositives.

En soulignant que le dépistage ne serait en rien obligatoire, la HAS suggère de « mobiliser fortement les acteurs de santé sur une période de temps déterminée ». Les médecins généralistes notamment pourraient le proposer à leurs patients. En outre, chacun pourrait aller se faire tester dans un laboratoire d'analyse médicale sans prescription médicale. Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008, interrogée par l’AFP en marge de la Conférence internationale sur le vaccin contre le VIH, qui se tient actuellement à Paris, s’est déclarée « favorable à un dépistage volontaire, pour autant qu’il ne soit pas obligatoire et repose sur une responsabilisation». Celle qui a découvert le virus du sida en 1983 avec le Pr Luc Montagnier, estime qu’aujourd’hui « on vit une autre époque, quand quelqu’un est dépisté positif, il peut bénéficier d’une prise en charge et avoir accès aux traitements qui lui sont nécessaires ». De plus, le bénéfice d’une telle mesure aurait également un « bénéfice collectif, puisqu’une personne sous traitement transmet bien moins le virus à ses partenaires ».

Dr Muriel Gevrey

Source : legeneraliste.fr