LA HAS mise sur la greffe rénale, plus efficiente et moins chère que la dialyse

Publié le 07/09/2012

La transplantation rénale est la thérapie la plus efficace et la moins coûteuse pour traiter des patients atteints d'insuffisance rénale chronique terminale (IRCT), selon la Haute autorité de la santé (HAS) qui publie des recommandations pour encourager cette pratique. L'IRCT, conséquence ultime de maladies chroniques comme le diabète ou l'hypertension artérielle, a un coût humain et financier élevé. Pour le seul coût financier, il était évalué en France à plus de 4 milliards d'euros en 2007, dont plus des trois quarts concernaient la prise en charge de l'hémodialyse par l'Assurance maladie. En 2007, le coût moyen annuel de prise en charge du malade sous hémodialyse était de 88.000 euros, soit à peu près autant que le coût d'une greffe du rein la première année, mais ce coût reste stable, alors qu'il tombe à 20.000 euros pour un greffé, selon l'Assurance maladie.

«La greffe de rein assure la qualité de vie et l'autonomie des patients et elle coûte beaucoup moins cher que la dialyse», commente Karim Laouabdia, le directeur général adjoint de l'Agence de la biomédecine qui a travaillé sur les recommandations en collaboration avec la HAS. Les consignes mettent l'accent sur les donneurs décédés, mais également sur les donneurs vivants. Concernant les prélèvements sur donneurs décédés, la HAS préconise l'amélioration du recensement des donneurs en état de mort encéphalique et insiste sur la nécessaire diminution du taux de refus des proches et l'élargissement du pool de donneurs.

Cette extension passe par le recours à des critères élargis qui pourrait inclure les prélèvements sur des donneurs décédés par arrêt cardiaque. Les donneurs vivants -qui depuis 2011 n'ont plus besoin d'avoir des liens familiaux directs avec le greffé- doivent eux aussi être encouragés. La HAS propose un accompagnement psychologique, physique et financier, passant notamment par la prise en charge à 100% du suivi médical à court, moyen et long terme. L'inscription sur les listes d'attente des patients doit intervenir le plus tôt possible «afin d'éviter les pertes de chances», estime encore la Haute autorité qui préconise également la réduction des disparités régionales (deux fois plus de transplantations rénales réalisées dans les Pays de Loire qu'à la Réunion). Chaque année, quelque 3 700 nouveaux patients sont inscrits sur la liste nationale d'attente de greffe rénale. La stratégie volontariste préconisée par la HAS apparait d’autant plus à propos que de récents travaux ont montré qu’il était possible d’élargir sans dommage le recrutement à certains donneurs plus âgés.


Source : legeneraliste.fr