Didier Sicard

La fin de vie «n’appartient pas aux médecins»

Publié le 18/07/2012

Crédit photo : GARO/PHANIE

La question de la fin de vie «n'appartient pas aux médecins», estime le professeur Didier Sicard. Dans un entretien au «Monde» daté de jeudi, l’ancien président du comité d’Ethique s’explique sur la façon dont il conçoit cette mission: «Je suis médecin, mais je plaide pour que le débat soit plus sociétal que médical. Il faut aller à la rencontre de ceux qui ne parlent jamais, et non reconstituer un puzzle avec ceux que l'on connaît déjà.» Il admet néanmoins que sa nouvelle tâche «est une mission presque impossible parce qu'elle est au coeur d'un affrontement de cultures qui, sous des apparences feutrées, est d'une extrême violence». «Je vais chercher à tout prix à me tourner vers les citoyens», poursuit le Pr Sicard, qui souhaite «comprendre ce que les cadres, les ouvriers, les paysans pensent», soucieux «d'éviter une discussion figée par les positions pro ou anti-euthanasie». L’ancien président du CCNE poursuit: «Je ne viens pas avec un armement idéologique, religieux ou médical et je m'interroge, comme l'ensemble des Français.» Pour débloquer ce débat, son «intention est de l'élargir aux conditions aussi bien médicales, familiales que culturelles de la fin de vie en France». «Il faut travailler sur ce qui fait qu'à un moment une décision peut être ou doit être prise. Nous devons faire en sorte que la société, solidaire, prenne en compte ce moment», estime le Pr Sicard. «Que ce soit, comme le font les soins palliatifs, un moment de sérénité et non un moment d'abandon», souligne-t-il . Avant de conclure: «Il n'est pas impossible qu'alors, dans une situation individuelle totalement insupportable et face à une demande, il puisse être apporté une facilité à mourir.»


Source : legeneraliste.fr