Démographie médicale

La Ferté-Bernard, la ville qui salarie ses généralistes

Publié le 18/08/2011
Faute de relève en médecine générale, cette petite ville de la Sarthe a décidé d’ouvrir un centre municipal de santé. Le premier généraliste salarié arrivera au mois de septembre. Mais ce n’est qu’un début...

Crédit photo : ©OT La ferte Bernard

La petite ville de la Ferté-Bernard (Sarthe), confrontée à une pénurie de médecins libéraux, a décidé de salarier directement deux généralistes, qui recevront leurs premiers patients à partir du 1er septembre. Sur les quatorze médecins généralistes exercant dans cette commune de près de 10.000 habitants, ville-centre d'un bassin de 30.000 personnes, trois partiront en retraite d'ici la fin du mois de juin. «Les nouveaux habitants n'arrivent plus à trouver un médecin traitant, ce qui engorge les urgences», explique-t-on à la mairie, dont le maire est l’UMP Jean-Carles Grelier.

Après avoir approché, notamment par l'intermédiaire d'une agence spécialisée, quelque 1.500 praticiens libéraux - et n'en avoir rencontré que sept - la municipalité doit faire face à un constat sans appel. «Pas un seul médecin» n'a accepté de venir s'installer à la Ferté-Bernard, «seul ou en maison médicale», indiquait Jean-Carles Grelier dans un courrier adressé aux habitants en février. La mairie s'est donc lancée dans la création d'un centre municipal de santé et le recrutement de médecins salariés.

Un médecin de 40 ans, coordonnateur du centre de santé, a été recruté et sera rejoint avant la fin 2011 par un second médecin et une secrétaire médicale à temps plein. En novembre 2012, l'équipe devrait s'étoffer avec l'arrivée de deux jeunes médecins de la région, actuellement internes, et qui ont donné un accord de principe à leur installation au centre de santé. Les médecins, qui exerceront dans le cadre d'un contrat de travail de 35 heures hebdomadaires, proposeront des visites à domicile et assureront les tours de garde avec leurs collègues libéraux. Pour éviter de concurrencer les hôpitaux, ils seront rémunérés sur la base du barème des praticiens hospitaliers. Les patients, eux, ne paieront que le tiers payant lors des consultations.

Paul Bretagne (avec AFP)

Source : legeneraliste.fr