La Cour des comptes souligne les dysfonctionnements de la médecine du travail

Publié le 08/12/2012

Les 6445 médecins du travail ne suffisent pas à assurer correctement le suivi médical des salariés en France. C’est ce qu’estime la cour des Comptes dans un rapport consacré aux 904 services de santé au travail interentreprises (SSTI) qui surveillent la santé de près de 95% des salariés (soit 15,1 millions de personnes). Dans son rapport, la Cour note qu'"en dépit des efforts déployés" (après la réforme de 2011) aucun des services entreprises contrôlés "n'est en mesure d'assurer l'ensemble des examens médicaux réglementaires qui lui incombent", ajoutant que "les petites entreprises et leurs salariés sont les principales victimes de ces carences". Elle relève que les visites médicales périodiques réglementaires "ne sont pas effectuées dans une proportion qui varie de 30 à 60% selon les services". Ces visites doivent être annuelles pour les salariés qui nécessitent une surveillance médicale renforcée (femmes enceintes, handicapés ou encore salariés exposés à des substances dangereuses) et peuvent avoir lieu au-delà de deux ans pour les autres. En réalité, près de la moitié du "temps médical disponible" est utilisé pour les visites d'embauche et de reprise post-arrêt maladie, obligatoires, ou pour les visites à la demande du salarié ou de l'employeur, relève la Cour. Selon les Sages de la rue Cambon, la tendance conduirait à la disparition de toute possibilité d'examens périodiques à l'horizon 2019". Aussi, la Cour préconise notamment de revoir l'obligation d'une visite lors de chaque embauche.


Source : legeneraliste.fr