"Je n’ai pas pu les sauver" : le témoignage de Patrick Pelloux sur la tuerie de Charlie Hebdo

Publié le 08/01/2015

« Je n’ai pas pu les sauver… » En quelques mots, le Dr Patrick Pelloux, en sanglots, a livré à l’Agence France Presse (AFP), à I-Télé (video) et à France Inter un récit déchirant de l’attentat perpétré hier matin. Alors que se tenait la conférence de rédaction de Charlie Hebdo, l’urgentiste assistait, lui, à une réunion pour l’amélioration des services d’urgence, à quelques mètres des locaux du journal. « J’étais à cette réunion quand Jean-Luc, le graphiste, m’a appelé pour me dire : `il faut que tu viennes vite, ils nous ont tiré dessus à la kalachnikov’ ». Accompagné du colonel Tourtier des pompiers de Paris, il arrive sur place quelques minutes plus tard. « C’était épouvantable », lâche-t-il, la voix brisée. « Et pendant qu’on prenait en charge les victimes, ils (les tueurs, ndlr) étaient encore en train d’abattre des gens dans la rue… » Pour certaines victimes, « il n’y avait plus rien à faire parce qu’ils avaient tiré dans les têtes ».

Évoquant Charb, directeur de la publication et illustrateur de l’un de ses ouvrages, tué de sang-froid, Patrick Pelloux confie « je pense qu’il a dû se lever et les traiter de cons ou leur faire un bras d’honneur, ou essayer de leur enlever leurs armes ». Ajoutant « dans la position où il est mort, il était enchevêtré dans sa chaise, c’est comme s’il avait été abattu en se levant. Et je le connaissais bien, c’était mon frère, et je sais qu’il a dû leur faire ça… »

Huit personnes ont également été blessées dans l’attentat. Parmi elles, le dessinateur Riss, directeur de la rédaction, et les journalistes Philippe Lançon et Fabrice Nicolino. Le président de l’AMUF indiquait, ce matin, qu’ils allaient mieux. Auteur de la chronique « Histoire d’urgences » publiées dans les colonnes de l’hebdomadaire, il a affirmé que Charlie Hebdo paraîtrait, mercredi prochain, comme d’habitude. « On est tous avec notre peine, notre douleur, nos peurs, mais on va le faire quand même parce que ce n’est pas la connerie qui va gagner ».

Ce matin, alors que la traque des suspects de la fusillade se poursuivait en Picardie, deux personnes ont été visées par des tirs à l’arme à feu à Montrouge, dans le sud de la capitale. L’une des deux, jeune policière stagiaire, a succombé à ses blessures. La seconde victime, un agent de voirie, est grièvement blessée. Pour l’heure, aucun lien avec l’attentat de Charlie Hebdo n’est établi. La section anti-terroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête pour entreprise terroriste "au vu du contexte actuel, de l’armement lourd de l’auteur des faits et du caractère délibéré d’un acte visant les forces de l’ordre". En fin d’après-midi, l’auteur de ces coups de feu était toujours en fuite, selon Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur.


Source : legeneraliste.fr