Édito

Irréformable ?

Publié le 07/06/2019
Edito

Edito

Ces derniers jours, plusieurs événements ont illustré combien il est difficile de réformer le système de santé. Les sénateurs ont rivalisé d’imagination, cette semaine, pendant l’examen de la loi santé, pour trouver la martingale contre les déserts médicaux. Limiter la durée des remplacements à trois ans, forcer les étudiants classés dans le dernier tiers du numerus clausus à s’installer dans un désert, pousser les internes à faire un an de formation “en autonomie” dans une zone sous-dense... Les syndicats d’étudiants, d’internes et de praticiens en exercice ont serré les rangs pour demander le retrait de ces mesures jugées irréalistes et hors-sol.

La médecine de ville n’est pas la seule à être en crise. Les urgences hospitalières connaissent d’importantes tensions. Alors que se tenait leur congrès à Paris, environ 80 services sont entrés en grève depuis mars, dans la France entière, pour dénoncer de mauvaises conditions de travail. L’usage limite habituellement la grève des soignants au port d’un brassard tout en poursuivant le travail, mais l’expression du ras-le-bol a passé un cap. L’équipe de nuit des urgences de l’hôpital Lariboisière s’est mise en arrêt maladie et ne s’est pas présentée dans la nuit de lundi à mardi. à Lons-le-Saunier (Jura), des réquisitions de personnels ont été prises par le préfet pour faire face à l’absentéisme. Dans l’attente de moyens et d’un arbitrage ministériel sur la création d’un numéro unique d’urgence en santé, les urgentistes s’impatientent.

Un nouvel épisode est venu marquer ce désarroi du corps médical. Invités à se prononcer pour la création des assistants médicaux, les représentants des médecins libéraux tergiversent sur la signature de l’avenant 7. Réuni en congrès le week-end dernier, MG France a été le premier à se positionner. Le syndicat a décidé d’accompagner la création de ce nouveau métier et les CPTS... À condition que les autres syndicats le suivent. Les réformes du système de santé sont décidément aussi difficiles à mener que devenues indispensables.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2875