IST

Infections à Chlamydia : dépister aussi les hommes !

Publié le 05/04/2011
Pour la première fois, une étude permet d’estimer la prévalence des infections sexuellement transmissibles à Chlamydia trachomatis en France, chez les 18-44 ans. 1,4 % des hommes et 1,6 % des femmes en sont affectés. Grâce à cette enquête dont les résultats sont publiés mardi 5 avril dans le BEH, des populations à dépister prioritairement ont également pu être définies.

Crédit photo : ©SPL PHANIE

Jusqu’alors, on ignorait la prévalence des infections à Chlamydia trachomatis en France. Mais une enquête publiée dans le BEH du 5 avril vient de lever le voile : 1,4 % des hommes et 1,6 % des femmes sont atteints de cette IST (échantillon de 2 850 personnes). Dans le détail, la prévalence se révèle plus élevée chez les 18-29 ans (2,5 % chez les hommes et 3,2 % chez les femmes), notamment chez ceux qui ont eu récemment un partenaire occasionnel. Par ailleurs, pour les hommes, le fait de résider en Ile-de-France est un facteur de risque supplémentaire (7,5 % des Franciliens sont touchés, contre 1,3 % dans le reste de la France !). Et pour les femmes le fait d’avoir eu plusieurs partenaires dans l’année, des relations homosexuelles ou d’être non diplômée augmente le risque de chlamydiose.

Mieux cibler le dépistage

Tous ces éléments vont permettre de mieux cibler le dépistage des IST à Chlamydia. En effet, à ce jour, la maladie est dépistée essentiellement chez les femmes fréquentant les consultations dédiées aux IST. L’étude NatChla montre que le dépistage devrait être élargi aux jeunes femmes sans diplôme et à celles qui ont un facteur de risque (partenaire occasionnel ou plus de 2 partenaires depuis un an, relations bisexuelles).

De plus, « le dépistage des hommes permettrait de réduire la contamination de leurs partenaires féminines et donc des complications sur leur fertilité » indique l’article du BEH. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’extension du dépistage aux hommes a déjà été retenue au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas.

Bien entendu, l’organisation de nouvelles modalités de dépistage risque d’être délicate. Il est en effet toujours difficile de proposer un dépistage d’IST à une population qui n’en fait pas la demande. Mais l’étude NatChla apporte un autre élément de réponse à ce sujet. Celle-ci a en effet eu l’originalité d’avoir envoyé, après un contact par téléphone, un test d’autoprélèvement génital et urinaire à domicile. Un test qui a été très bien accepté : 71 % des femmes et 65 % des hommes l’ont effectivement renvoyé au laboratoire de contrôle.

Charlotte Demarti

Source : legeneraliste.fr