Édito

Il y a le feu !

Publié le 06/09/2019
Edito

Edito

De l’élaboration du budget de la Sécu à l’épineuse réforme des retraites, de l’application de la loi santé à la création des assistants médicaux, de la loi de bioéthique – avec la PMA pour toutes – à la gestion des pénuries de médicaments... la rentrée promet d’être chaude pour la ministre de la Santé ! Après un été déjà marqué par plusieurs épisodes de canicule sans précédent, Agnès Buzyn va en priorité tenter d’éteindre l’incendie qui embrase les urgences hospitalières. Elle annoncera lundi comment elle entend « refonder le modèle des urgences ». La trêve estivale n’a pas calmé la colère des urgentistes, plus de 230 services étant entrés en grève depuis le début du mouvement en mars dernier.

À Poitiers, lundi, la ministre de la Santé a déjà dévoilé quelques pistes d’un énième rapport sur le sujet piloté par le chef du Samu de Paris, Pierre Carli, et le député urgentiste LREM de Charente, le Dr Thomas Mesnier. Filières d’admission directe des personnes âgées, infirmières de pratique avancée étendues aux urgences en 2020, ou encore la possibilité pour les paramédicaux des urgences de prescrire de la radiologie ou de réaliser des sutures en contrepartie d’une prime de 80 euros net par mois font partie du panel des mesures inscrites au programme.

Agnès Buzyn mise aussi sur les médecins de ville, régulièrement pointés du doigt comme responsables de l’engorgement des urgences. Elle souhaite que les SAMU puissent transporter un patient vers un cabinet de ville ou une maison de santé lorsque la situation n’exige pas un passage à l’hôpital. Et que les patients bénéficient du tiers payant lorsqu’ils sont pris en charge dans le cadre d’une garde en ville.

La ministre de la Santé est attendue au tournant. Le collectif Inter-urgences a déjà annoncé qu’il ne se contenterait pas de mesurettes. Un réel changement de cap est nécessaire. Il devra s’accompagner d’un volet financier plus conséquent que les 70 millions d’euros débloqués en juin dernier.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2879