HPV : le HCSP plaide pour une vaccination en milieu scolaire

Publié le 10/09/2014

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Voilà qui risque de ne pas être du goût de tout le monde. Dans un rapport faisant le point sur la vaccination anti HPV publié aujourd’hui, le haut conseil de la santé publique (HCSP) recommande « la mise en place de modalités d’administration de la vaccination permettant d’atteindre un pourcentage élevé de jeunes filles, indépendamment de leur niveau social ». Et propose à ce titre de faire entrer la vaccination HPV en milieu scolaire.

« Les pays qui, à l’image de l’Australie et du Royaume-Uni, disposent aujourd’hui d’une couverture vaccinale élevée (proche de 80 %) ont développé un programme de vaccination des jeunes filles à l’école » justifie le HCSP. La mesure avait d’ailleurs déjà été évoquée dans le dernier plan cancer, lequel suggérait à l’époque de promouvoir des études sur l’acceptabilité d’une telle initiative. L’abaissement de 11 à 9 ans de l’âge de la vaccination pourrait aussi être recommandé «si cette mesure était susceptible de favoriser la mise en place d’un tel programme ». Là encore le HCSP s’inspire d’expériences étrangères et notamment du Québec où « ce type de modalité à déjà été appliqué avec succès ». Et où la couverture vaccinale des jeunes filles flirte avec les 75%.

Moins d’une jeune fille sur 4 vaccinée à 16 ans

A contrario en France, « la couverture vaccinale observée est très faible pour un schéma complet (inférieure à 25 % à 16 ans en 2013) et baisse depuis 2010 » rapporte le HCSP. De plus, on observe une diminution marquée de l’initiation du schéma vaccinal entre 2011 et 2013 ( couverture vaccinale à une dose à 15 ans passée de 26 % à 18 %). Un constat « d’échec », alors que, selon l’état des lieux dressé par le HCSP, «l’ efficacité vaccinale sur la prévalence des infections à HPV, l’incidence des condylomes mais aussi sur les lésions précancéreuses est maintenant démontrée ». Des études suggèrent aussi que le vaccin induit une immunité de groupe.

Côté tolérance « les données de pharmacovigilance, internationales et nationales, avec un recul de plus de sept ans, ne permettent pas de retenir l’existence d’un lien de causalité entre cette vaccination et les événements indésirables graves qui lui ont été attribués en France», rassure en même temps le HCSP.


Source : legeneraliste.fr