Grogne : l’UNAPL annonce "une mobilisation sans précédent"

Publié le 30/09/2014

Deux projets de loi dans le viseur des acteurs de santé et un mouvement de mobilisation bien suivi : tel est le bilan que l’on peut dresser de cette « journée sans professionnels libéraux ». L’UNAPL, à l’origine de la mobilisation, affirme que s’étaient mobilisés 90 % des laboratoires d’analyses médicales, 87 % des pharmacies d’officine, 70 % des cabinets médicaux et la moitié des cabinets d’infirmiers. Autrement dit, pour Michel Chassang, président de l’UNAPL, « une mobilisation sans précédent » au sein de laquelle il voit « des professionnels libéraux très déterminés contre un projet de loi qui instaurerait le libéralisme le plus sauvage en ouvrant le capital de sociétés d’exercice libéral à des investisseurs non professionnels ». Si le projet de loi « croissance et pouvoir d’achat » concerne au premier lieu les pharmaciens et biologistes, Michel Chassang affirme que ces ouvertures de capital impacteront tous les professionnels de santé.

Une analyse que partage Claude Leicher. Le président de MG France redoute que l’introduction des capitaux prévue par la loi Macron ne modifie le système de santé, lequel serait géré selon des considérations d’ordre capitalistique. Pour Luc Duquesnel, président de l’UNOF, cet aspect de la loi remet en cause le maillage du territoire et pourrait entraîner une disparation des pharmaciens de proximité, au détriment de la qualité des soins. Cladue Leicher critique également que ce texte appréhende les biens de santé comme des biens commerciaux, laissés aux mains de « professionnels qui n’investissent pas pour la santé publique ».

Mais, au-delà des préoccupations suscitées par Bercy, le président de MG France rappelle que les généralistes étaient également mobilisés contre le projet de loi santé. Comme le résume Luc Duquesnel, cette journée du 30 septembre était « le 1er train dans lequel les généralistes ont sauté pour manifester leur mécontentement ». Et elle risque, selon le syndicaliste, de ne pas être la dernière occasion pour eux de se faire entendre. D’autant plus que les propos de Marisol Touraine, dimanche dernier, n’ouvrant aucune perspective sur des revalorisations d’honoraires, ne vont pas dans le sens de l’apaisement.


Source : legeneraliste.fr