Édito

Gare au contrecoup

Publié le 19/06/2020
Edito

Edito

La bataille contre le Covid-19 n’est pas définitivement gagnée. Mais au chapitre des bonnes nouvelles, Emmanuel Macron a annoncé dimanche le retour au vert de toutes les régions métropolitaines. Si l’épidémie recule, des cabinets de médecine générale sont pourtant encore dans le rouge. Au 31 mai, près de 80 000 praticiens libéraux avaient vu leur demande d’indemnité validée par la Cnam pour compenser la chute de leur activité. Cette baisse a tout de même atteint 40 % en moyenne pour les généralistes ces deux derniers mois. Et selon une enquête en ligne sur le Généraliste.fr, seuls trois médecins de famille sur dix estiment que l’ensemble des aides financières perçues (Cnam, Carmf, exonérations de l’État…) ont compensé leur perte de revenus. Malgré le déconfinement, on ne peut pas encore parler de retour à la normale dans les cabinets, comme l’illustre notre dossier. Du fait des règles de distanciation physique et des gestes barrières, la fréquentation demeure inférieure à ce qu’elle était avant la crise, et ce en dépit du recours à la téléconsultation.

Depuis le 11 mai, les médecins sont bien confrontés à une seconde vague, mais elle concerne les effets collatéraux du coronavirus : des retards de diagnostic et de prise en charge, la reprise du suivi des patients chroniques – délaissé par la force des choses ces dernières semaines –, les troubles musculo-squelettiques liés au télétravail, la vaccination des nourrissons ou encore des troubles psychiatriques consécutifs à l’isolement ou à l’anxiété.

La reprise d’activité n’est donc pas un long fleuve tranquille. Toutes ces consultations d’après-confinement prennent du temps et de l’énergie. Après cette crise sanitaire inédite, les médecins doivent aussi encaisser le contrecoup d’une épidémie, qui les a souvent marqués dans leur chair. S’il convient d’être vigilants quant à la reprise du suivi médical des patients chroniques, dont six sur dix ne sont pas encore retournés voir un généraliste, la profession devra aussi prendre le plus grand soin d’elle.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2916