Explosion de suicides chez les "baby-boomers" aux Etats-Unis

Publié le 04/05/2013

Les suicides ont explosé aux Etats-Unis ces dix dernières années parmi les Américains d'âge moyen, révèle jeudi un rapport des autorités fédérales. Le nombre des suicides parmi les 35-64 ans, qui correspond en partie à la génération du "baby-boom", a augmenté de 28% lors de la dernière décennie, surpassant en 2010 les accidents de la route comme cause de décès (38.364 morts contre 33.687), selon les statistiques des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Le taux annuel de suicide dans ce groupe d'âge est passé de 13,7 pour 100.000 en 1999 à 17,6 pour 100.000 en 2010 avec des accroissements particulièrement importants parmi les Blancs non-hispaniques (+40%) et les Amérindiens et les autochtones d'Alaska (+65%).

Par tranche d'âge, la plus forte augmentation des suicides a été constatée chez les 50-54 ans (+48%) et les 55-59 ans (+49%).

Le nombre des suicides a davantage augmenté chez les femmes de 35 à 64 ans durant ces dix dernières années (+32%) que chez les hommes (+27%). Les statistiques montrent aussi une très forte montée des suicides par pendaison, (+81%), par empoisonnement (+24%) et arme à feu (+14%).

Les taux de suicidés chez les plus jeunes (10 à 34 ans) et les plus âgés (plus de 65 ans) sont en revanche restés quasiment inchangés pendant cette même période.

Pour le Dr Laura Gold, professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de l'Université de Georgetown cette forte augmentation chez les personnes d'âge moyen est "un signe de désespoir social. L'aggravation de la situation économique a surtout frappé ce groupe d'âge pour qui il est plus difficile de retrouver un emploi. "Perdre son emploi signifie le plus souvent perdre son assurance maladie qui pour la plupart des Américains est fournie par l'employeur", souligne aussi le Dr Gold.

Par conséquent, fait-elle valoir, les gens diminuent leur traitement psychiatrique à un moment où "le désespoir social va accroître le nombre des dépressions".


Source : legeneraliste.fr