Étudiants et doyens veulent reporter la réforme du 2 e cycle

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Publié le 10/04/2020
Etudiants

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Crédit photo : SPL/PHANIE

La réforme du 2e cycle des études médicales doit normalement entrer en vigueur à la rentrée 2020 avec notamment une disparition des ECNi dès 2023. Le timing initial était déjà serré. Compte tenu de la crise sanitaire en cours, il devient presque impossible à tenir. C’est du moins ce qu’estime la Conférence des doyens de faculté de médecine. En début de semaine, son président le Pr Patrice Diot a demandé le report d’un an de la réforme.

Ce vendredi, ce sont les étudiants qui demandent à leur tour à Olivier Véran et Frédérique Vidal de reporter d’un an la réforme. Après la demande des doyens, les corporations étudiantes ont sondé leurs collègues sur le calendrier de cette refonte pédagogique. Ils appellent eux aussi à un report de la réforme, explique l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) dans un communiqué. « Les étudiants déplorent le manque de préparation de leurs facultés et l’absence des textes
réglementaires nécessaires pour aboutir à la mise en place de la réforme du deuxième cycle en 2020 », souligne l’Anemf.

" Absence de volonté " des facultés

L’association rappelle que les étudiants attendaient avec impatience cette réforme jugée comme absolument nécessaire et qui allait enfin permettre d’« intégrer une réelle approche par compétences », l’enseignement des sciences humaines et sociales et « une valorisation de leur parcours ».

Même s'ils souhaitent le report pour ne pas se retrouver avec une réforme au rabais, les carabins semblent amers sur ce nouveau délai et envers leurs facultés. « Les étudiants actuellement en DFGSM3, ne souhaitent pas voir leurs attentes réduites à néant par une absence de volonté de leurs équipes pédagogiques à mettre en place la réforme correctement pour la rentrée 2020 », écrit l’Anemf.

Les étudiants exigent des engagements de la part des ministères et de leurs équipes pédagogiques. Ils demandent notamment à ce que les textes réglementaires soient malgré tout publiés avant l’été. Des arbitrages du ministère sont attendus sur plusieurs points, sur lesquels les étudiants refusent de transiger. Parmi eux, ils réclament un investissement financier des ministères pour permettre des recrutements et le déploiement de moyens de simulation. Ils souhaitent également un calendrier co-construits entre étudiants et doyens de la mise en place de la réforme localement. La formation des enseignants aux nouvelles modalités pédagogiques, la diversification de l’offre de stages, le rendu du livret de suivi des apprentissages (LISA) avant décembre 2020 ou encore la mise en place de trois entraînements facultaires aux ECOS (examens cliniques objectifs et structurés), avant l’épreuve nationale, font aussi partie des demandes essentielles pour les étudiants. Pour mener à bien cette réforme et notamment sa traduction dans les textes réglementaires, l’Anemf réclame le maintien de la mission ministérielle sur le deuxième cycle pilotée par Yanis Merad et le Pr Marc Braun.


Source : legeneraliste.fr