Infections nosocomiales

Du cuivre pour lutter contre les germes

Publié le 13/01/2010
Il s’agit d’une première mondiale en Irlande où un hôpital se dote d’équipements en cuivre limitant la transmission de germes pathogènes. Selon des études expérimentales, plus de 90% des micro organismes pourraient ainsi être éradiqués.

Crédit photo : EYE OF SCIENCE/PHANIE

L’hôpital St Francis (Mullingar, Irlande) a décidé de remplacer les surfaces fréquemment touchées par des composants en cuivre aux propriétés antibactériennes. C’est à la suite des résultats d’études expérimentales et d’expériences pilotes menées en Grande-Bretagne depuis 2007 que l’hôpital a choisi le cuivre. Publiés en janvier 2010 dans le Journal of Hospital Infection, les résultats de l’expérimentation de l’hôpital de Birmingham montrent que les surfaces en cuivre permettent d’éradiquer 90 à 100 % des micro organismes tels que le staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SDRM) en milieu hospitalier. Noeleen Sheridan, directeur général de l’hôpital pionnier a précisé : «Puisque l’on estime que 80 % des infections sont contractées par contact direct, limiter au maximum la présence de germes sur les poignées de porte permettra de réduire les risques de contamination. C’est sur cette conviction que se base notre démarche ainsi que sur les preuves établies par les chercheurs de l’hôpital de Birmingham. »

Efficace sur les germes résistants

L’étude menée à l’hôpital universitaire Selly Oak de Birmingham a évalué l’intérêt du cuivre sur différentes surfaces (poignées, plaque sur la porte d’entrée). Publiés ce mois-ci dans le Journal of Hospital Infection, les résultats révèlent que le nombre de germes pathogènes les plus fréquents est réduit de 90 à 100 % sur les surfaces en cuivre par rapport aux mêmes plans en matériaux standards. Autre résultat, les staphylocoques dorés résistants à la méthicilline (SDRM) ne survivent pas plus de deux heures au contact des surfaces en cuivre. Le cuivre complémenterait les mesures d’hygiène traditionnelles comme le lavage de mains systématique. Rappelons qu’en France, 1 patient sur 20 contracte une maladie nosocomiales, soit environ 750 000 cas chaque année. D’autres travaux montrent que les canalisations en cuivre permettent aussi de limiter les risque de Légionelloses.

“Role of copper in reducing hospital environment Contamination”. A.L. Casey, D. Adams, T.J. Karpanen, P.A. Lambert, B.D. Cookson, P. Nightingale, L. Miruszenko, R. Shillam, P. Christian and T.S.J. Elliott. Journal of Hospital Infection (2010); 74 (1): 72-77.
Dr Muriel Gevrey

Source : legeneraliste.fr