Diabète de type 2 : l’étonnante prise de position du CNGE

Publié le 09/11/2012

De toutes les positions scientifiques prises ces derniers mois par le Collège National des Généralistes enseignants (CNGE), c’est surement celle qui fera le plus polémique. Dans un communiqué diffusé cette fin de semaine, le conseil scientifique du CNGE estime en effet que «trop d’incertitudes» entourent le traitement médicamenteux du diabète de type 2. Dans la ligne de mire du Collège figure aussi la metformine, utilisée en première intention chez les diabétiques. «Ces traitements entraînent une baisse de l’hémoglobine glycosylée (HbA1C) dans des essais cliniques de courtes durées (3 à 12 mois). Cependant, aucun de ces médicaments, y compris la metformine, n’a prouvé qu’il diminue la morbidité et/ou la mortalité dans un essai clinique randomisé en double-insu. Nous ne disposons donc pas de données fiables sur le rapport bénéfices/risques de ces médicaments», observe le CNGE.

Estimant que cette situation n’est «pas conforme à ce que les patients diabétiques et leurs médecins généralistes sont en droit d’attendre de la médecine moderne», son conseil scientifique réclame donc «des essais cliniques randomisés en double-insu (...) afin d’évaluer les traitements antidiabétiques sur des critères de morbimortalité». Ces essais sont «indispensables pour prescrire aux patients des traitements dont l’efficacité et les risques auront été correctement évalués», martèle le communiqué du Collège, qui ne manquera pas de faire débat dans la communauté scientifique et au sein de la profession. Cette logique, si on la poussait jusqu’au bout, conduirait-elle à administrer des placebos à certains patients diabétiques de type 2 ?


Source : legeneraliste.fr