Courrier des lecteurs

Délices du tiers payant

Publié le 07/12/2018

Lorsque j’exerçais, je pratiquais parfois le tiers payant sur la part d'Assurance maladie obligatoire (AMO) en cas de difficultés financières du patient. Et ce malgré certaines difficultés, que je pensais naïvement, être d’un autre siècle. Sur cette partie AMO, pas de problèmes. C’est du côté des mutuelles complémentaires qu'il en existe.

Combien de patients, faisant confiance au système, vérifient-ils systématiquement leurs remboursements ? Surtout quand il faut aller sur le web avec un login et un mot de passe pour aller vérifier, au lieu de recevoir un courrier papier.

J’ai donc eu des séances de kinésithérapie en tiers payant AMO. Je fais partie des gens qui vérifient la globalité mais pas le détail, très souvent incompréhensible sauf pour un expert. Au bout de deux mois sans remboursement de mutuelle, je me suis souvenu des mésaventures de mes patients. J’ai téléphoné à la mutuelle. C’est aussi difficile qu’avec n’importe quelle administration : il faut mettre le haut-parleur, poser l’appareil, et faire autre chose avec une musique de disque rayé en attendant qu’on vous réponde. Effectivement, la Sécu transmet à la mutuelle mais celle-ci ne rembourse pas tant qu’elle n’a pas la preuve que le professionnel de santé a été honoré, sous forme d’envoi par le patient d’une facture acquittée à la mutuelle, ou comme dans le cas présent, par téléphone, en jurant avoir payé, et en donnant la somme exacte (heureusement, j’avais le carnet de chèque sous la main).

J’appelle cela du vol par procuration de la part des mutuelles. Si je désire voler le kiné, c’est un problème entre lui et moi, pas entre la mutuelle et moi, qui elle me vole si je ne surveille pas mes remboursements.

Mesdames et messieurs les médecins, si vous pratiquez comme un certain nombre le tiers payant sur la seule part AMO, prévenez vos patients. Car le kiné auquel j’ai eu affaire ne savait pas… Preuve que peu de gens vérifient. Au siècle dernier, je le faisais, mais je croyais qu’avec l’obligation du tiers payant, ces méthodes malhonnêtes avaient disparu.

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Dr Yves Adenis-Lamarre, Angoulême (Charente)

Source : Le Généraliste: 2854