Delfraissy et Santé publique France plaident pour un confinement supérieur à 15 jours

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Publié le 19/03/2020
Confinement

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Crédit photo : GARO/PHANIE

Un confinement allégé après seulement deux semaines ? Une possibilité selon Olivier Véran. « Si dans quinze jours nous voyons que la situation s'est suffisamment apaisée et que nous pouvons lever tout ou partie des mesures de confinement, nous le ferons », expliquait mardi le ministre de la Santé.

Mais après le Pr Philippe Juvin et le Dr Rémi Salomon, respectivement chef du service Urgences de l’hôpital Pompidou et président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP, la directrice générale de Santé publique France, Geneviève Chêne, a, à son tour, balayé cette hypothèse optimiste.

Un « freinage important » d'ici deux à quatre semaines

Ce jeudi sur France Info, la patronne de l'agence sanitaire a expliqué que les dynamiques de l'épidémie de coronavirus « dépendent de l'adhésion de chacun aux mesures barrières et de confinement » et estimé qu' « un freinage important » de sa progression devrait pouvoir être observé « dans les 2 à 4 semaines ».

Pour autant, Geneviève Chêne souligne que « la prolongation (des mesures de confinement) sera très vraisemblablement nécessaire » afin « que le freinage soit suffisant ».

De son côté, le Pr Jean-François Delfraissy estime lui aussi qu'il faudra attendre plus de deux semaines avant de revoir les Français se déplacer librement. Interrogé mercredi soir au 20H de France 2 (voir ci-dessous), le président du Conseil scientifique dédié au Covid-19, nommé par Olivier Véran a également affirmé que « la période de confinement de 15 jours ne sera pas suffisante », évoquant une durée de « peut-être un mois ».

Le Pr Delfraissy s'interroge par ailleurs sur les outils qui seront utilisés pour sortir du confinement. L'immunologue plaide en faveur d'une « stratégie à la coréenne » avec des dépistages massifs. « Il faut qu’on arrive à avoir en France des tests en beaucoup plus grand nombre », prévient-il.

Une inversion de la courbe en mai ?

Mais alors, quand le freinage sera-t-il suffisant pour que les Français reprennent une vie normale ? Interrogée sur une inversion de la courbe épidémique, Geneviève Chêne a répondu qu'en se fondant sur « les expériences des autres pays qui ont connu l’épidémie avant nous et mis en place des mesures extrêmement strictes, on voit que la dynamique se déroule sur deux à trois mois en général, une inversion du pic intervient entre le premier et le deuxième mois ».

S'« il est trop tôt aujourd’hui pour pouvoir affirmer quoi que ce soit sur la dynamique de l’épidémie en France », en se fiant à l'exemple de la Chine, l'inversion de la courbe interviendrait « autour de mi-mai/fin mai », selon la patronne de Santé publique France.

« Si on applique l'ensemble de ces mesures, il est vraisemblable que la dynamique de l’épidémie sera suffisamment freinée pour avoir une épidémie beaucoup plus importante que celle de la grippe habituelle mais malgré tout contenue », a-t-elle ajouté.

(Avec AFP)


Source : legeneraliste.fr