Édito

Déconfits…

Publié le 07/05/2020
Edito

Edito

Le coronavirus nous en fait décidément voir de toutes les couleurs. Après deux mois de confinement, les Français espèrent pouvoir sortir de l’isolement social imposé par la crise sanitaire. Ils savent qu’il faudra du temps avant de retrouver une absolue liberté. D’autant que tous ne devraient pas être logés à la même enseigne. Pour qu’ils se mettent au vert, leur département devra sortir du rouge.

Depuis une semaine, chaque soir, avant d’applaudir les soignants, nos concitoyens attendent la présentation de la météo épidémique du ministère de la Santé. Cette carte, qui synthétise deux indicateurs – l’évolution de la circulation du virus et le niveau de saturation des services de réanimation –, est déjà devenue un baromètre important avec le bilan des décès et l’évolution du nombre de patients hospitalisés.

La gestion de crise va vraisemblablement prendre un virage après le 11 mai. Jusqu’à présent pilotée au niveau national, elle devrait davantage l’être par les préfets et les élus locaux, des mesures de confinement territorialisées n’étant pas à exclure. Au risque de brouiller le message des autorités. La période qui s’ouvre s’annonce incertaine, notamment sur la capacité de dépistage, à laquelle devraient participer les médecins de famille. La situation reste aussi tendue pour la profession. Malgré la compensation de l’Assurance maladie pour couvrir leurs charges fixes, les généralistes redoutent que leur activité soit durablement impactée par l’épidémie.

Une chose est sûre, le déconfinement n’est pas vraiment pour maintenant. Si en théorie, lundi, les Français n’auront plus besoin d’attestation pour se déplacer, s’ils peuvent retourner au travail ou envoyer leurs enfants à l’école, en pratique, le retour à la vie d’avant devra attendre. Les déplacements seront limités à 100 kilomètres, les plus âgés et fragiles sont invités à restreindre leur vie sociale, et les actifs à poursuivre le télétravail. La réouverture des écoles, critiquée par l’Ordre des médecins et le conseil scientifique, paraît, elle, une plus mauvaise idée chaque jour qui passe.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2910