Déconfinement : le gouvernement mise sur un dépistage massif pour casser les chaînes de transmission

Publié le 20/04/2020
Dépistage

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Crédit photo : GARO/PHANIE

« Nous allons devoir tester vite et massivement tous ceux susceptibles de porter le virus ». Alors que lundi dernier, le président de la République avait évoqué dans son esquisse du déconfinement, la réalisation de tests pour les personnes « présentant des symptômes », le Premier ministre a ouvert dimanche la porte à une stratégie de test plus massive. Lors de son allocution en duo avec Olivier Véran, Édouard Phillippe a ainsi invité à « tester beaucoup et rapidement », dans la lignée de ce qu’avaient déjà préconisé de nombreux scientifiques, dont le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique Covid-19.

500 000 tests par semaine après le 11 mai

L'objectif du gouvernement est de pouvoir réaliser à partir du déconfinement 500 000 tests par semaine, non seulement pour les personnes présentant des symptômes mais aussi pour celles ayant été en contact avec un malade du Covid-19, a précisé le ministre de la Santé. Après le 11 mai, « si vous êtes porteur de symptômes (...) et que vous voulez savoir si vous êtes malade, ou si vous avez été en contact rapproché d'une personne dont on sait qu'elle est malade, vous pouvez, vous devrez bénéficier de ce test virologique », a assuré Olivier Véran.

Une fois un cas positif identifié, une « mécanique » sera enclenchée pour avertir la personne contaminée, mais aussi faire du « tracing », c'est-à-dire identifier et prévenir les personnes ayant été en contact rapproché avec le malade.

Les personnes testées positives devront ensuite être isolées pour ne pas transmettre le coronavirus, seule méthode envisageable a ajouté le Premier ministre, soulignant que les malades auront le choix entre rester à leur domicile ou s'installer dans un hôtel spécialement aménagé.

L’idée est de casser les chaînes de transmission pour limiter la circulation du virus.

Encore beaucoup de questions sur la place des sérologies

En marge de ce dépistage « a posteriori », basée essentiellement sur des tests PCR, l’hypothèse d’un screening systématique en amont, reposant sur la réalisation de sérologies permettant de « libérer » ou non les citoyens en fonction de leur statut semble en revanche avoir vécu.

Alors que ces tests détectent les IgM et les IgG produits après une infection par le Sars-Cov-2, beaucoup de questions restent en effet en suspens quant à la cinétique de ces anticorps, leur caractère protecteur ou non vis-à-vis d’une infection ultérieure, leur durée de vie, etc. Avec à la clé de nombreuses interrogations sur l’interprétation des sérologies. « Tant que personne n’aura pu apporter une réponse ferme à ces questions, considérer qu’il faille s’appuyer massivement sur les tests sérologiques serait anticiper une situation qui risque de ne pas correspondre à la réalité », a prévenu Olivier Véran.  

Par ailleurs, certains de ces tests provenant de pays étrangers « ne correspondent à aucune norme et n’ont été validés par aucun laboratoire français de sorte que non seulement on n'est pas sûrs que ce soit utile, mais on n'est pas sûr non plus que ce soit efficace », a mis en garde le ministre de la Santé.

Afin de mieux cadrer les choses, la HAS vient de publier un cahier des charges qui précise les critères permettant d’évaluer la fiabilité des tests sérologiques. D’ici 15 jours, l’institution devrait aussi se prononcer sur la place de ces tests dans la stratégie de prise en charge du Covid-19.  


Source : legeneraliste.fr