Coronavirus : sans protections, « la bonne volonté » ne suffira pas, prévient SOS Médecins

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Publié le 16/03/2020
Voiture SOS Médecins

Voiture SOS Médecins
Crédit photo : Camille Roux

Comme de nombreux autres acteurs de santé sur le front pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, la Fédération SOS Médecins France alerte ce lundi sur l’urgence de fournir tous les moyens de protection nécessaires (masques chirurgicaux et FFP2, mais aussi gants, sarraus, surblouses, gel hydroalcoolique), à tous les professionnels de santé mobilisés. Et ce, en quantités suffisantes.

« Cela fait plusieurs semaines qu'on nous dit que cela va arriver, peste le président de la fédération, le Dr Pierre-Henry Juan, joint par Le Généraliste. Mais on reçoit seulement cent masques par-ci, cent autres par-là ».

Pour le Dr Juan, le temps presse. Car faute d’équipements pour se protéger, certains médecins pourraient décider de se mettre en retrait pour éviter de mettre en danger les patients et leurs familles. « À un moment, toute la bonne volonté du monde » des médecins ne suffira plus et l’absence de protection pourrait donc avoir raison de leur « engagement intellectuel, moral et philosophique », prévient le président de SOS Médecins France.

Dans les rangs de SOS, plusieurs médecins ont déjà été contaminés, dont deux sont hospitalisés, précise le Dr Juan.

Une augmentation des actes effectués par SOS

Dans un communiqué diffusé ce lundi, la fédération affirme que les quelque 1 300 praticiens répartis au sein des 63 associations SOS Médecins sur le territoire « effectuent actuellement plus de 15 000 actes » chaque jour, contre 12 000 à 13 000 habituellement. Ces plus de 15 000 actes « sont aujourd'hui principalement des visites à domicile, en forte demande compte tenu du confinement des patients à domicile », souligne la fédération. « Ils concernent en majorité des situations cliniques évoquant le Covid-19 », ajoute-t-elle.

Le Dr Juan, soulignant que SOS Médecins a « toujours été au service du système de santé et prêté main forte lors d’épidémies », espère un « signal fort » de l’État. « Il faut des protections pour tous les praticiens de SOS, pour tous les libéraux, pour les infirmiers… pour tous les professionnels engagés dans la lutte contre le Covid-19 », martèle le patron de SOS Médecins France. D'autant que les grossistes, auprès desquels SOS s’était procuré des masques au début de l’épidémie sont désormais en rupture de stocks.

De leur côté, les syndicats de médecins libéraux réclamaient toujours, à l'unisson, des moyens de protection ce lundi. Vendredi dernier, le ministre de la Santé avait promis aux médecins libéraux l'arrivée rapide de masques FFP2. Mais la plus grande incertitude demeure sur leur nombre et la date de leur arrivée... Et la profession manque toujours aussi de simples masques chirurgicaux.


Source : legeneraliste.fr