Coronavirus : les vétérinaires prêts à aider les médecins

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Publié le 01/04/2020
Vétérinaire

Vétérinaire
Crédit photo : GARO/PHANIE

Afin de faire face à l’épidémie de coronavirus, plusieurs appels à rejoindre la réserve sanitaire ont été lancés. Entre début et mi-mars, près de 19 000 personnes se sont portées volontaires : médecins, pharmaciens, paramédicaux… mais aussi vétérinaires ! Et ceci n'est pas un poisson d'avril. Les médecins des animaux ont répondu massivement à l'appel des ministères de la Santé et de l'Agriculture pour prêter main-forte aux médecins dans la lutte contre le Covid-19.

« Il nous a été demandé de faire un recensement des vétérinaires pour les inscrire dans la réserve sanitaire afin de connaître les volontaires. Aujourd'hui nous avons plus de 5 000 vétérinaires, dont 784 en Île-de-France inscrits », explique à l'AFP Bruno Tessier, président des vétérinaires d'Île-de-France, lui-même candidat au renfort. La France compte 18 000 vétérinaires inscrits à l'Ordre, dont 12 000 exercent en libéral.

Pour l'heure, la réserve sanitaire n'a pas encore fait appel à leurs services. « On se tient à la disposition de l'ARS qui jugera de nos compétences », indique Bruno Tessier.

Le cas échéant, les vétérinaires pourraient venir « en soutien du premier rang, car c'est compliqué pour eux d'être en première ligne », explique Bruno Tessier. « On n'est pas des médecins de médecine humaine », précise-t-il. Pas question non plus de s'improviser infirmiers. « Il y a des gestes que les vétérinaires savent faire et d'autres pas. Infirmier dans un service de réanimation, c'est compliqué car l'infirmier dans ce service est ultra-spécialisé, souligne Bruno Tessier. On sait intuber des animaux mais est-ce que l'on saurait intuber des gens ? Ce ne sont pas les mêmes techniques. Ça serait possible avec une formation et ça prendrait beaucoup de temps ». Et celui-ci de marteler : « personne ne parle des vétérinaires en première ligne ».

Bruno Tessier estime en revanche qu'un vétérinaire peut exercer le métier de brancardier ou faire de la régulation téléphonique. « On sait répondre à des personnes qui ont des symptômes de coronavirus, faire des interrogatoires médicaux puis faire le tri et prendre une décision », affirme-t-il.

Prêt de matériel

Si leurs compétences n’ont donc pas encore été sollicitées, les médecins des animaux apportent leur pierre à l'édifice en prêtant du matériel. Ils ont ainsi donné aux hôpitaux « tout ce qui était prêtable » : respirateurs et pousses seringues, notamment. Ils ont envoyé également, outre des blouses et des masques, des moniteurs qui servent à surveiller le taux d'oxygène et la pression artérielle d'un patient.

En dehors de d'Île-de-France, les vétérinaires veillent toutefois à conserver un minimum de matériel. « Chaque région aura ses besoins lorsque le Covid-19 aura gagné du terrain », souligne Bruno Tessier.

« L'énorme potentiel de production de kits PCR & sérologiques » des labos vétérinaires

Par ailleurs, l'Académie vétérinaire de France (AVF) estime que les producteurs de tests pour animaux et les laboratoires vétérinaires pourraient également apporter une aide précieuse pour le dépistage du Covid-19. « Un énorme potentiel de production de kits PCR & sérologiques et d'analyse qui ne demande qu'à être mobilisé pour sauver des vies ! », fait valoir Jean-Luc Angot, le président l'AVF.

Mais en France, « un laboratoire vétérinaire n'a pas le droit de faire des tests quand c'est un produit d'origine humaine », explique Jeanne Brugère-Picoux de l'Académie nationale de médecine, qui dénonce « un monopole aberrant créé il y a quelques années ». Or « 70 % des maladies sont communes à l'homme et l'animal », ajoute-t-elle.

Une interdiction absente « dans plusieurs États membres de l'Union européenne (Allemagne, Belgique, Italie…) », rappelle l'Académie nationale de médecine qui, dans un communiqué, demande la délivrance d'une autorisation exceptionnelle. « Il nous faut regarder dans quelle mesure nous pouvons lever ces interdictions, c'est quelque chose qui demande un peu d'instruction, c'est en train d'être réalisé », avait précisé samedi Édouard Philippe. Mais « pour l'instant nous n'avons pas de retour », précise Jean-Luc Angot.

(Avec AFP)


Source : legeneraliste.fr