Exercice

Comment les généralistes utilisent leur ordinateur

Publié le 03/08/2012
En net progrès, mais peut mieux faire… Selon une étude internationale, le généraliste Français utilise de plus en plus son ordinateur pour travailler, et en particulier pour tenir son dossier médical. Il est cependant moins « branché » que ses confrères Espagnols ou Brittaniques, notamment dans l’utilisation des courriels pour communiquer avec ses correspondants.

Crédit photo : Voisin/Phanie

Jamais, sans mon ordi ! Il y a encore quelques années, qui aurait dit cela des médecins Français ? Une étude internationale vient pourtant de confirmer que l’informatique est désormais intégrée à la vie professionnelle des blouses blanches et en particulier des médecins généralistes. Selon cette étude menée par Accenture auprès de 3500 praticiens dans huit pays industrialisés (Allemagne, Angleterre, Australie, Canada, Espagne, Etats-Unis, France et Singapour), 86% de nos médecins de famille prennent en effet des notes concernant leurs patients sur leur ordinateur. C’est plus que la moyenne de leurs confrères des pays étudiés. L’étude montre également que, dans l’Hexagone, près de 6 généralistes sur 10 (57%) utilisent l’informatique pour alléger leurs tâches administratives. Là encore c’est un peu plus que la moyenne (53%).

L’ordinateur est un outil de travail et petit à petit il devient aussi un moyen de communiquer. Ainsi, selon Accenture, 60% des généralistes Français reçoivent des résultats d’examens par voie électronique, un score qui dépasse de peu celui de la moyenne des autres pays (56%). Reste que chez nous les Mac et les PC des cabinets médicaux semblent faire davantage office de boite à lettres que de vecteur d’échange interactif. 29% de nos généralistes communiquent avec leurs confrères par voie électronique. Une pratique qui est apparement plus répandue dans les autres spécialités (35%). Et environ un généraliste sur 10 obtient ainsi des nouvelles de ses patients hospitalisés, ce qui est très inférieur à ce qui se passe hors de nos frontières (18%). A noter aussi que seul un généraliste Français sur cinq utilise son courriel pour adresser et recommander ses patients à ses correspondants libéraux ou hospitaliers : là encore, c’est un peu moins que la moyenne des autres pays de l’étude.

Accenture conclut son étude sur une note plutôt optimiste pour la situation Française. A rebours des idées reçues, les auteurs estiment notamment que -malgré le retard tant commenté du DMP- d’importants progrès ont été réalisés dans notre pays ces dernières années. « La France a fait des progrès significatifs en matière d’adoption des systèmes d’information de santé et de communication des informations, » estiment le rapport qui pointe notamment des avancées sérieuses dans les CHU et dans les cabinets de médecine générale. Pour autant, l’écart demeure assez important avec l’Angleterre et l’Australie et surtout l’Espagne, pays dans lequel pianoter sur son clavier semble être une deuxième nature pour le praticien. On relèvera aussi dans cette étude des écarts importants sur certaines pratiques : ainsi, 54% des généralistes américains communiquent leurs ordonnances aux pharmaciens par voie électronique, contre 5% seulement de leurs homologues Français. 41% des GP’s brittaniques suivent le parcours de leur patient sur leur écran versus 11% des médecins de famille français. Enfin, en Espagne, 71% des généralistes utilisent le web pour envoyer leurs prescriptions au radiologue ou au biologiste, une façon de procéder qui n’est encore utilisée que par une minorité (12%) de généralistes en France.

Paul Bretagne

Source : legeneraliste.fr