Si « Le Généraliste » était paru en 1916

Chair à canon, chair à plaisir...

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Publié le 14/08/2017
histoire

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En Allemagne, au rapport d'un neutre qui vient de passer quelques mois à Berlin, nombre de dames du monde se sont consacrées à une tâche que nos Françaises accepteraient malaisément.

« Beaucoup sont visiteuses de l'œuvre en faveur de l'accroissement de la natalité. Le gouvernement, soucieux de combler (?) les vides que sa folie guerrière aura creusés, encourage les maternités nouvelles. Des œuvres coopèrent à cette campagne, aidant les futures mères pendant leur grossesse, payant les frais d’accouchement, donnant des secours, etc. Et des dames visiteuses passent à domicile, pour décider les jeunes femmes à travailler au repeuplement de l'Allemagne. La femme d'un de mes amis ainsi prêchée par une baronne objecta que son époux était à la guerre. - Ce n'est pas une raison !, lui fut-il répondu. »

Quelles têtes vont faire les maris, c'est le cas de le dire.

L'auteur de la même relation rapporte un autre fait qui témoigne de la moralité de la vertueuse Allemagne.

« Au début de la guerre, l'administration militaire demanda, par la voie des journaux et par voie d'affiches, aux dames de la bonne société et, en général, à toute femme de condition aisée, d'aller dans la zone des armées pour porter aux soldats des friandises et des encouragements moraux. Bien des dames accueillirent volontiers cette demande qui leur permettait d'aider à la santé morale des troupes allemandes et nombreuses furent celles qui partirent vers les divers fronts… Il en est (des Berlinoises surtout) que leur mari attend encore : elles sont retenues dans les camps spéciaux, par « tolérance » très particulière, et contribuent ainsi à l'hygiène morale et physique des troupes en campagne. En dépit de tous leurs efforts, les maris, ainsi privés de leur femme, n'ont pu en obtenir le retour. Cette confidence m'a été faite par un industriel berlinois que torturait l'ignominie de cette séparation forcée. Voilà jusqu'où aboutit le souci de tout organiser ! »

Tout ce que nous pourrions ajouter affaiblirait la saveur de ce récit.

(Chronique médicale, 1916)


Source : legeneraliste.fr