Édito

C’est quoi le plan ?

Publié le 22/05/2020
Edito

Edito

Ils ont eu droit à des applaudissements quotidiens ; on a proposé de les associer aux hommages du 14 juillet ; et même de leur remettre une « médaille » pour récompenser leur engagement pendant la crise du Covid-19. Dans les prochaines semaines, ils devraient toucher une prime de 500 à 1 500 euros pour leur dévouement. Forts d’un incroyable soutien populaire, les personnels soignants des hôpitaux pourraient obtenir, grâce au rôle majeur qu’ils ont tenu pendant la crise sanitaire, ce qu’ils n’étaient pas parvenus à décrocher au terme de longs mois de conflits sociaux : une réelle reconnaissance.

En visite à la Pitié-Salpêtrière, la semaine dernière, le président de la République a annoncé qu’il allait lancer avant l’été un vaste plan d’investissement et de revalorisation des carrières à l’hôpital. À cette occasion, il a formulé un mea culpa, reconnaissant que sa réforme « Ma Santé 2022 », conçue pour accélérer le virage ambulatoire de l’hôpital, était « sans doute une erreur de stratégie ».

Cet énième plan pour l’hôpital – le 4e depuis le début du quinquennat – sera-t-il le bon ? Une concertation doit s’ouvrir ce lundi 25 mai avec une première grand-messe rassemblant les partenaires sociaux et collectifs hospitaliers. Olivier Véran s’est engagé à ce que ce « Ségur de la Santé » permette d’augmenter les rémunérations au-delà des primes. Le ministre de la Santé a cité l’exemple des infirmières dont le salaire devrait être rapidement rehaussé au niveau moyen de celui de leurs homologues européennes. Mais à quel prix ? Pas plus qu’avant l’épidémie de coronavirus, il n’y a d’« argent magique » pour financer ce plan.

Dans le même temps, Macron veut réaliser ce que la droite de Sarkozy n’était pas parvenue à faire : « assouplir » les 35 heures à l’hôpital. Ce « travailler plus pour gagner plus » reposerait sur le volontariat, promet Véran. On imagine mal pourtant comment ce dogme pourrait ne pas devenir la norme. Et on s’interroge sur la place que l’exécutif entend accorder à la médecine de ville dans le système de santé de demain. Éclipsée une fois encore, elle ne figure pas parmi ses priorités.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2912