C’est arrivé le… 19 mars 1784

Publié le 19/03/2014

Crédit photo : GARO/PHANIE

Naissance de Joséphine Rotkowska, chirurgienne polonaise, morte à 112 ans et pour cela sans doute doyenne des médecins ! Sa vie fut un roman. D’origine illustre, demi-sœur du général Roman Soltyk qui avait fait partie de l’état-major de Napoléon, Joséphine Rotkowska s’ést engagée comme aide-chirurgien en 1831 dans l’armée polonaise en se faisant passer pour un homme.

Durant la guerre qui opposait alors la Pologne à la Russie, Josef Kluczycky – le nom dont elle s’était parée – se fit remarquer sur douze champs de bataille par son courage, opérant sans relâche les soldats blessés au front. Un dévouement qui lui vaudra d’être décoré de l’Ordre militaire de Virtuti Militari. Une distinction rare puisque seulement deux femmes eurent cet honneur.

En décembre de la même année, après avoir été blessée à la jambe droite, elle fait une demande de passeport à l’ambassade de France et toujours sous un faux nom masculin : Josef Mazurkiewicz.

À son arrivée en France, elle épouse en secondes noces le capitaine Daniel Rotkowski, secrétaire et bibliothécaire du prince Adam Jerzy Czatoryski à l’Hôtel Lambert de Paris. On retrouve ensuite Joséphine Rotkowska exerçant à Avignon et Montpellier (où elle soignera son mari à l’hôpital).

Le couple emménage ensuite à Guéret et Tulle, Rotkowski y ayant été mandaté par les Ponts et Chaussées pour qui il travaillait, avant de s’installer à Paris en 1848 où elle apprend que le versement de sa pension d’officier par l’Etat français a été suspendu car elle n’est plus considérée comme combattant ayant pris part à la guerre polono-russe du fait d’être épouse d’émigré.

En 1855, alors qu’elle est âgée de 71 ans, Joséphine Rotkowska s’engage comme aide-chirurgien lors de la guerre de Crimée et sert auprès de l’Etat-Major dans la division des Cosaques du Sultan.

Rentrée en France, elle est invitee avec son mari à s’installer dans le Nord, à Aniche, par un de ses compatriotes, Roch Rysinski, le directeur d’une sucrerie. Elle va y vivre 35 ans, mourant en 1896, doyenne des centenaires d’alors.


Source : legeneraliste.fr