Université d’été

À Cannes, la CSMF courtisée par les partis politiques

Publié le 25/09/2011
C’est une université d’été très politique qui s’est tenue à Cannes ce week-end pour la CSMF. Xavier Bertrand qui y a fait son retour en tant que ministre de la Santé est apparu dans son rôle de réconciliateur du gouvernement avec le corps médical, tandis que les représentants santé des partis politiques étaient d’ores et déjà en campagne pour 2012. Michel Chassang doit être reçu à l’Élysée lundi.

Crédit photo : ©BSIP/Chagnon

C’est le jour même de la publication au Journal officiel de la nouvelle convention médicale que Xavier Bertrand a clôturé l’université d’été de la CSMF à Cannes. L’occasion pour le ministre de la Santé de rendre un hommage appuyé au directeur de l’Assurance maladie ainsi qu’à la Confédération et son allié le SML de ne pas avoir « voulu jouer la revanche ». Xavier Bertrand, qui faisait cette année son retour à Cannes en tant que ministre de la Santé, a été applaudi dès son arrivée par les quelques 150 cadres de la CSMF. « Après le départ de madame Bachelot, avec qui tout dialogue était impossible, votre arrivée a permis de normaliser les relations entre le gouvernement et les professionnels de santé, les médecins en particulier, et d’enclencher une nouvelle dynamique de construction » a salué Michel Chassang dans son discours de clôture. Le ministre a rappelé son engagement pour la proposition de loi Fourcade qui a permis de corriger les dispositions de la loi Bachelot qui n’était « pas applicables ou perçues comme vexatoires » puis s’est livré à un bilan d’une convention médicale à laquelle il dit « croire, au point de penser qu’elle servira encore de base dans dix ou quinze ans ».

Dans le même temps, plusieurs dossiers restent encore sur le bureau du ministre pour lequel il est très attendu. Xavier Bertrand a confirmé que la réforme de la responsabilité civile professionnelle (annulée par le conseil constitutionnel pour des motifs de forme) reprise dans le PLFSS serait bien applicable au 1er janvier 2012. Sur le DPC, nouvelle appellation de la formation continue, il n’a toujours pas donné de date de sa mise en application, mais a promis que les représentants des syndicats médicaux seraient bien associés de « façon paritaire » dans sa gestion.

Détente sur la télétransmission

Sur le secteur optionnel, il a demandé à Frédéric van Roekeghem de convoquer avant le 30 septembre une « réunion de la dernière chance ». En cas de nouvel échec, le gouvernement « prendrait ses responsabilités ». On se souvient qu’un ultimatum identique avait déjà été lancé à l’été 2009 sans plus d’efficacité. L’UNOCAM devrait faire de nouvelles propositions lundi en fin de journée. Enfin, sur la très controversée taxe sur les feuilles de soins papier, le ministre a clairement mis de l’eau dans son vin. La proposition de loi Fourcade imposait à l’Assurance-maladie d’avoir réglé ce dossier avant le 30 septembre. Pour Xavier Bertrand, « on ne va pas envoyer des gendarmes dans les cabinets médicaux » et la question du seuil minimal de télétransmission semble désormais abandonnée.

À désormais moins de huit mois de l’élection présidentielle, les opérations de séduction du corps médical semblent déjà en train de commencer. Devant les cadres de la CSMF qui dit souhaiter que la santé « soit au cœur de la campagne », les représentants santé des principaux partis politiques se sont exprimés vendredi soir. Que ce soit Jean-Pierre Door, député UMP du Loiret, Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, Jean-Luc Préel, député Nouveau Centre de Vendée ou Jean-Luc Veret, président de la Commission santé d’Europe Ecologie, tous ont juré leur aversion aux mesures coercitives pour lutter contre la désertification médicale.

Les représentants des partis ont préféré s’envoyer des piques entre eux plutôt que de prendre le risque de se fâcher avec cette part de l’électorat convoité que sont les médecins libéraux. Ainsi, Jean-Marie Le Guen, qui a rallié à la fin de l’été le camp de François Hollande, a dénoncé « l’absence de dialogue voire de respect pour les médecins de la part du gouvernement depuis quatre ans » s’attirant une réaction immédiate du député UMP qui lui a rappelé l’époque où Martine Aubry était aux affaires. En revanche, l’ancien ministre socialiste Claude Evin, désormais patron de l’agence régionale de santé d’Ile-de-France, s’est présenté davantage en technicien qu’en politique, rappelant que son cadre d’action est contraint par la réglementation et le budget qui lui est alloué. Point d’orgue de cette rentrée très politique, la CSMF sera reçue lundi soir par le Président de la République.

De notre envoyée spéciale à Cannes, Véronique Hunsinger.

Source : legeneraliste.fr