Cancer de la prostate: l’AFU pilonne la HAS

Publié le 26/06/2010

"La HAS a un train de retard (...) L’argent des contribuables est dans des mains consciencieuses mais bien laborieuses". Jamais sans doute l’institution que préside le Pr Laurent Degos n’aura fait l’objet de critiques aussi virulentes. L’Association française d’urologie n’a pas du tout apprécié l’avis rendu en début de semaine par la HAS, dans lequel cette dernière confirme ses recommandations d’il y a dix ans concernant le dépistage du cancer de la prostate et estime (voir notre Alerte Info du 22 juin) qu’il n’y a pas lieu de mettre en œuvre un dépistage de masse du cancer de la prostate via le dosage du PSA.

Les urologues Français qui plaident pour une solution opposée considèrent que l’étude américaine PLCO sur laquelle s’est appuyée la HAS "est enterrée depuis longtemps aux Etats-Unis et il n’y a que des épidémiologistes français pour l’exhumer." Quant à l’autre étude, l’étude européenne (ERSPC ), elle a, rappellent-ils, "actualisé ses résultats : ils montrent que l’on est maintenant deux fois plus performant dans le diagnostic du cancer de la prostate que dans celui du cancer du sein, et que la baisse de la mortalité grâce au dépistage, largement démontrée, va s’amplifier avec les années."

Appelant, les médecins généralistes à la rescousse, l’Association Française d’Urologie rappelle que "grâce à sa stratégie de dépistage et au travail réalisé par les médecins généralistes, le taux de mortalité lié au cancer de la prostate a été réduit de plus de 30% en France comme dans les principaux pays développés." Mais, elle plaide pour que l’on passe désormais à un dépistage organisé, car "le principe du dépistage individuel conduit à des inégalités sociales importantes qui pénalisent les individus ayant un accès difficile à l’information et entraîne des variations importantes des taux de mortalité à l’intérieur même de notre population." La proposition se double d’un avertissement de la part des urologues, qui préviennent: "ceux qui décideraient de ne pas organiser le dépistage du cancer de la prostate pourraient être responsables de milliers de morts chaque année."


Source : legeneraliste.fr