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Cancer : ce que veulent les Français

Publié le 27/07/2013
Alors qu’une majorité de Français sont satisfaits des progrès dans la lutte contre le cancer réalisés ces dernières années, les malades et les professionnels de santé déplorent des financements insuffisants. Les délais d’attente pour la mise à disposition de nouveaux traitements leur paraissent aussi trop longs, selon un sondage réalisé pour le laboratoire Lilly.

Environ six Français sur dix (59 %) se montrent satisfaits des avancées de ces vingt dernières années dans la lutte contre le cancer. Pour autant, alors que la moitié des Français interrogés considèrent que l’investissement dans la lutte contre le cancer est correct voir important, plus de trois quart des patients atteints (74 %) et huit soignants sur dix (81 %) ne partagent pas ce point de vue. Ces deux dernières catégories attendant en effet davantage de financement. Les résultats de l’enquête PACE (Patient Access and Cancer Care Excellence), diligentée par le laboratoire Lilly, montrent, en effet que les points de vue diffèrent selon que l’on est ou non directement confronté à la maladie.

Alors que le niveau de connaissance générale en oncologie est plutôt bon, des idées reçues persistent. Globalement, l’enquête confirme l’optimisme de nos concitoyens. Désormais, près d’un Français sur deux considère que l’annonce du diagnostic n’est plus synonyme de mort assurée et un tiers que le taux de mortalité par cancer a diminué. Il a en effet baissé de 22 % chez l’homme et de 14 % chez la femme au cours des vingt dernières années. Cependant certains clichés persistent : 46 % des sondés pensent que le cancer est une seule et même pathologie alors que les chercheurs ont recensé plus de 200 types de cancers.

Les coûts sous évalués par les sondés

Si la population française est globalement bien informée des avancées en oncologie, le coût induit par la maladie est amplement sous-évalué par la plupart d’entre eux. En effet, environ deux tiers (67 %) des Français pensent que 100 millions d’euros suffisent pour développer un traitement alors que la réalité est bien autre : il faut en réalité environ 1,2 milliard de dollars pour mettre au point une nouvelle molécule ! « Nos contemporains ne sont pas conscients de la difficulté de développer des nouveaux médicaments » explique le Pr Philippe Rougier, chef du service d’oncologie digestive à l’hôpital européen Georges Pompidou. « Une personne atteinte de cancer ne saura jamais quel a été le coût de son traitement pour la société » affirme, de son côté le président de l’association de patients AF3M Bernard Delacour.

Par ailleurs, l’enquête révèle que 72 % des personnes interrogées souhaitent que les patients puissent participer à des essais cliniques considérant que ceux-ci offrent aux patients l’opportunité de faire progresser la recherche mais également de recevoir un meilleur traitement. Dans les faits seuls 15 % des malades y ont déjà participé. Le Pr Rougier explique cette « difficulté à rentrer dans les essais cliniques » par le besoin qu’ont les chercheurs d’avoir une population « homogène afin de comparer les résultats ». Cependant, il demande aux pouvoirs publics d’adopter « une approche plus pragmatique ». Tandis que, de son côté, Bernard Delacour demande aux décideurs de « ne pas mettre de coût sur une année de vie gagnée » afin de ne pas empêcher la recherche d’avancer.

Giulia Gandolfi

Source : legeneraliste.fr