Édito

Ça tourne !

Publié le 21/06/2019
Edito

Edito

La pratique de la médecine générale s’est considérablement transformée ces dernières années. L’exercice collectif et pluridisciplinaire s’est imposé. La rémunération a profondément évolué avec une plus grande place accordée aux forfaits, dont l’emblématique Rosp.

Sous l’impulsion des pouvoirs publics, la téléconsultation a aussi fait son entrée en septembre dernier dans les cabinets. La consultation à distance est censée aider à régler les problèmes d’accès aux soins. L’avenir dira si cet objectif est bien tenu. Quoi qu’il en soit, les débuts sont plus timides qu’espéré. Mi-mai, seulement 16 000 actes avaient fait l’objet d’une demande de remboursement à l’Assurance maladie depuis l’entrée dans le droit commun de cet acte, à l’automne dernier. C’est bien peu au regard de l’objectif ambitieux affiché par la Cnam de 500 000 téléconsultations en 2019, qui ne sera pas atteint.

Il n’empêche, les dés sont jetés et ce nouveau mode d’exercice, même si cela prendra du temps, devrait trouver sa place chez de nombreux généralistes. Le guide de bonnes pratiques que vient d’édicter la HAS vise à encourager les médecins qui hésiteraient encore à se lancer dans l’aventure. Cela nécessite bien sûr au départ un investissement du praticien pour acheter l’équipement nécessaire, agencer son cabinet et se former à cette nouvelle pratique. Mais à cœur vaillant, rien d’impossible ! Et les médecins les plus motivés devraient sans difficulté suivre les règles de bon sens de la Haute autorité de santé. Certains pourraient même trouver un intérêt à cette nouvelle façon d’exercer la médecine, la téléconsultation offrant pour la première fois la possibilité aux généralistes de télétravailler.  

Tous les rendez-vous médicaux ne pourront cependant pas faire l’objet d’une consultation à distance. Que les défenseurs de l’examen clinique se rassurent, les téléconsultations ne s’appliqueront pas lorsqu’un examen physique du patient s’impose, si le patient vient pour une urgence ou s’il s’agit d’une consultation d’annonce. Et la consultation directe, qui fait tout le sel de ce métier, a encore de beaux jours devant elle.

Christophe Gattuso, directeur de la rédaction

Source : Le Généraliste: 2877