Agressions

Au moins 150 blouses blanches tuées dans le monde en 2012

Publié le 16/05/2013
Les médecins et personnels médicaux continuent d’être les victimes d’agressions et de menaces un peu partout dans le monde. Un rapport de la Croix Rouge sur 22 pays sensibles présenté mercredi à Genève recense 921 incidents l’an passé. Mais la sous déclaration est notoire.

Les personnels soignants et les institutions de soins ont subi l'an dernier de violentes attaques dans 22 pays, au cours desquelles 150 personnes ont été tuées, a indiqué mercredi la Croix-Rouge à Genève. Deux ans après un rapport sur les violences subies par les professions de santé dans 16 pays, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a rédigé une nouvelle étude pour 2012 où sont enregistrés un total de 921 incidents violents dans 22 pays. "Ces 921 incidents comprennent des menaces, des meurtres et des enlèvements. Cependant, ils ne représentent que la partie émergée de l'iceberg", a déclaré Pierre Gentile, qui dirige le projet "Soins de santé en danger" du CICR.

Les conflits, facteurs aggravants

Selon ce rapport, 150 personnels soignants ont été tués l'an dernier, 73 ont été enlevés et un nombre beaucoup plus important a reçu des menaces. L'étude ne détaille pas les agressions par pays, mais elle souligne que dans certaines régions d'Amérique latine, des communautés entières sont privées de services de santé parce que les personnels soignants sont partis sous les pressions et les intimidations. "Dans certaines régions d'Afrique sub-saharienne et d'Asie du sud, de nombreux enfants meurent de maladies qui pourraient facilement être prévenues dans des circonstances normales, si des conflits armés ne les empêchaient pas d'accéder aux services de santé ", souligne aussi le rapport.

Les violences contre les personnels soignants ne sont pas un phénomène nouveau, mais on ne sait pas si la tendance va en augmentant, car elles sont loin d'être toutes enregistrées. En revanche, deux nouvelles tendances inquiétantes sont mises en lumière dans le rapport : beaucoup de personnes qui s'étaient précipitées pour porter secours à des victimes d'une explosion ont été atteintes par des attaques "après-coup" à l'explosif, actionnées de loin. Tout aussi inquiétantes sont les attaques contre les personnels de santé engagés dans des campagnes de vaccinations massives, selon le rapport, qui souligne que «cela entraîne des contretemps pour l'éradication de maladies telles que la rougeole ou la poliomyélite».

Paul Bretagne

Source : legeneraliste.fr