Arafat : empoisonnement probable, mais pas forcément par du Polonium 210

Publié le 29/08/2012

La thèse de l’empoisonnement de Yasser Arafat semble de plus en plus plausible, mais ce n’est pas forcément le polonium 210 qui en serait la cause. Alors qu’une information judiciaire pour assassinat a été ouverte mardi en France, c’est ce que laisse penser le rapport d’hospitalisation du leader palestinien à Percy que publie le site Slate.fr. Ce rapport du 14 novembre 2004 fait état d'une inflammation intestinale et de troubles de coagulation "sévères" et évoque la piste d'un "empoisonnement" par une toxine de champignon vénéneux. Le Pr Thierry de Revel, chef du service d'hématologie de l'hôpital militaire de Percy, indique dans sa conclusion: "entéropathie évoquant une entérocolite (inflammation intestinale, ndlr) d'allure infectieuse (...) associée à une coagulation intravasculaire disséminée sévère sans étiologie identifiée au stade du transfert en réanimation".

L'article de Slate.fr fait intervenir le Pr Marcel Francis-Kahn, ancien chef du service de rhumatologie de l'hôpital Bichat à Paris, qui assure que le tableau clinique décrit "collerait très bien avec un empoisonnement par une des toxines de l'amanite phalloïde ou du cortinaire des montagnes". "On y trouve la facilité d'administration, les premiers symptômes retardés, la CIVD, l'évolution prolongée (jusqu'à 30 jours pour le cortinaire et ses toxines) et la défaillance hépato-rénale avec troubles de coagulation terminaux", indique le médecin, qui ajoute que "ce type de toxine est étudié notamment dans le centre de Nes Ziona, pas très loin de Tel-Aviv".Le rapport d'hospitalisation indique que les symptômes ont commencé le 12 octobre, quatre heures après le repas du soir, "par une sensation de malaise avec nausées, vomissements et douleurs abdominales". Admis 17 jours plus tard en France à Percy, le leader palestinien sombrera dans le coma le 3 novembre, puis décèdera le 11 novembre.

Selon Slate.fr, le dossier médical "confirme" que des analyses réalisées sur des échantillons urinaires ont "permis d'exclure la présence de rayonnements radioactifs de type alpha, béta ou gamma", même si le polonium n'a pas été spécifiquement recherché dans les analyses françaises de l'époque.


Source : legeneraliste.fr