Nouveaux anticoagulants

Après le rivaroxaban, le dabigatran et l’apixaban en lice pour une indication dans la thrombose veineuse

Publié le 22/02/2013
Les nouveaux anticoagulants sont prescrits en prévention thromboembolique après chirurgie pour prothèse de hanche ou du genou, et en prévention d’AVC et d’embolie dans la FA. Mais de nouvelles indications sont dans les tuyaux. Le rivaroxaban a déjà une extension d’indication dans les thromboses veineuses profondes. Et les dernières données sont prometteuses pour le dabigatran et l’apixaban.

Depuis quelques années, de nouvelles familles d’anticoagulants sont désormais disponibles : d’une part les inhibiteurs du facteur X activé (rivaroxaban ou apixaban) et d’autre part les inhibiteurs de la thrombine (dabigatran). Mais parmi ces molécules, seul le rivaroxaban est indiqué dans le traitement des thromboses veineuses profondes (TVP) et en prévention des récidives sous forme de TVP et d’embolie pulmonaire suite à une TVP aigue chez l’adulte.

En sera t-il de même bientôt pour l’apixaban et le dabigatran? Deux études publiées dans le New England Journal of Medicine (NEJM) le 21 février vont en tout cas dans ce sens. En effet, un premier essai montre que l’apixaban réduit le risque de récidive de thrombose veineuse sans augmenter le risque d’hémorragie majeure. Cette étude en double aveugle a comparé les deux doses d’apixaban (2,5 et 5 mg deux fois par jour)* à un placebo chez des patients ayant eu une thrombose veineuse traités par anticoagulant pendant 6 ou 12 mois. Au terme de ce délai chez ces patients, l’arrêt tout comme la poursuite du traitement pouvait s’envisager. 2486 patients ont été randomisés et au bout d’un an, on note 1,7% de récidive de thrombose veineuse dans les groupes traités quelque soit la dose d’apixaban, contre 8,8% dans le groupe placebo.

Moins d’effets secondaires

Côté effets secondaires, on note respectivement 0,2% et 0,1% d’hémorragies majeures dans les groupes traités 2,5mg et 5mg contre 0,5% dans le groupe placebo. Les taux de saignements mineurs sont respectivement de 2,3% (groupe 2,5); 3% (groupe 5) et 4,2% (groupe placebo). Le taux de mortalité toute cause est de 0,8% et 0,5% dans les groupes traités contre 1,7% dans le groupe placebo.

Si l’apixaban apparaît donc comme une alternative séduisante aux anticoagulants classiques dans la prévention des thromboses veineuses, il en est de même pour le dabigatran. En effet, une seconde étude toujours publiée dans le NEJM du 21 février a comparé le dabigatran à la dose de 150 mg deux fois par jour**, soit à la warfarine (étude Actif), soit à un placebo (étude Placebo) durant 3 mois chez des patients ayant eu une TVP traités pendant 3 mois par anticoagulant. Bilan : dans l’étude Actif, on note 1,8% de récidive de thrombose veineuse dans le groupe traité contre 1,3 % dans le groupe warfarine, mais avec moins d’hémorragies majeures (0,9% contre 1,8%). Et, dans l’étude placebo, le taux de récidive a été de 0,4% dans le groupe traité contre 5,6% dans le groupe placebo.

*Ces doses correspondent aux posologies de l’apixaban dans ses deux indications: prévention des thromboses veineuses après chirurgie de la hanche ou du genou (2,5 mg deux fois par jour) et prévention des AVC et de l’embolie systémique chez des patients présentant une fibrillation auriculaire (5 mg deux fois par jour).

** Cette dose correspond à la posologie du dabigatran dans l’indication prévention des AVC et de l’embolie systémique chez des patients présentant une fibrillation auriculaire.

Charlotte Demarti

Source : legeneraliste.fr