Un film, un médecin

Anna M.

Publié le 01/05/2013

Réalisateur

Michel Spinosa

Année de réalisation

2007

Scénario

Michel Spinosa

Distribution

Isabelle Carré (Anna M.)

Gilbert Melki (Dr André Zanevsky)

Anne Consigny (Marie Zanevsky)

Geneviève Mnich (la mère d’Anna)

Gaëlle Bona (Eléonore)

Format et durée

Couleurs - 106’

Récompenses

Nomination pour le César de la meilleure actrice pour Isabelle Carré en 2008

En DVD

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L’histoire

Un soir, une jeune femme qui travaille à la restauration des vieux livres à la Bibliothèque nationale se jette, sous une voiture. Transportée à l'hôpital, elle s'en sort, soignée par un médecin qui n'a fait que son travail. Sans attentions particulières pour cette patiente, jeune et jolie. Sauf que la miraculée voit les choses autrement : elle est tombée folle amoureuse du praticien. Chacun de ses gestes, chacun de ses mots, chacun de ses regards sont interprétés et reçus par elle comme autant de déclarations, mieux encore comme autant de preuves éclatantes d'un amour réciproque.Vue sous cet angle, la réalité prend un tour qui passe vite de l'ambiguïté à l'aveuglement. Le brave médecin qui n'a d'abord rien décelé est vite submergé par les débordements envahissants, puis tyranniques de cette érotomane qui ne le lâche plus, le traque, le persécute.

Les critiques à la sortie

Fantastique machine dévastatrice, fascinante et méticuleuse plongée à l'intérieur d'un mécanisme psychologique, proche de la folie, que rien ne peut enrayer, Anna M., le thriller intimiste de Michel Spinosa, se regarde avec un plaisir pervers. Et même avec une certaine empathie pour tous les personnages, dont celui, terrifiant, de l'héroïne, enfermée dans l'illusion frénétique d'être aimée, qui la conduit aux portes du meurtre ou du suicide. Emportée par les quatre phases de cette pathologie (l'illumination, l'espoir, le dépit et la haine) qui rythment ce film très maîtrisé. Le spectateur éprouve la descente aux enfers et l'affolement de sa proie (La Croix)

Michel Spinosa s'est appuyé sur la lecture du livre du grand psychiatre et psychanalyste, Daniel Lagache, la Jalousie amoureuse (PUF), sa thèse parue en 1947, dans laquelle il est notamment question des cas d'érotomanie. La description de ce trouble psychique fut donnée en 1921 par Gaëtan de Clérambault. L'érotomane développe la conviction d'être aimé d'une personne, sur laquelle se fixe en trois phases caractéristiques (espoir, dépit, haine) un délire passionnel qui ne connaît aucun apaisement (...) Le cinéaste lorgne du côté de la période française de Polanski, aussi bien Répulsion que le Locataire, mélange de fantastique et d'humour noir. Le comique d'une situation peut se briser en quelques secondes et laisser apparaître l'imminence d'un danger mortel ou la tragédie d'un isolement programmé. L'érotomane vit l'amour comme une dépossession, défoncé à bloc au vide affectif rempli de chimères, de liens rompus avant même d'être noués. Qui dira qu'il ne connaît pas, un peu, beaucoup, de quoi il retourne ? (Libération)


Source : legeneraliste.fr