Allopurinol : l’ANSM écrit aux médecins

Publié le 25/02/2013

L'agence du médicament (ANSM) vient d’adresser un courrier aux médecins et pharmaciens pour les alerter sur les risques de l'allopurinol utilisé contre la goutte. L’agence évoque des effets indésirables cutanés graves, parfois fatals, qui surviennent le plus souvent au cours des deux premiers mois de traitement. L'analyse de l’ANSM a mis en évidence «une incidence élevée, estimée en moyenne à 1 cas pour 2.000 nouveaux patients traités, des toxidermies graves à l'allopurinol : syndromes de Lyell, de Stevens-Johnson et syndromes d’hypersensibilité médicamenteuse (DRESS).

Sur la période 2008-2010, 60 % des cas signalés étaient jugés évitables «du fait d'une indication non justifiée», constate l’Agence. Elle note également un non-respect de l'adaptation des doses à l'état de la fonction rénale dans environ la moitié des cas, ainsi qu'une utilisation hors AMM fréquente. Dans son courrier aux prescripteurs, l’Agence déplore enfin une prise en charge retardée «due à une méconnaissance de ce risque par les professionnels de santé et les patients.» Or, souligne-t-elle, l'arrêt rapide du traitement est à l'origine d'un meilleur pronostic de ces effets indésirables.

L'ANSM rappelle donc aux professionnels de santé la nécessité de bien respecter les indications et par conséquent de ne pas l'instaurer en cas d'hyperuricémie non accompagnée de symptômes. Elle conseille aussi d’«augmenter progressivement les doses» et d’informer les patients de la nécessité d’arrêter immédiatement ce traitement en cas de survenue d’une éruption cutanée ou d’autres signes d’hypersensibilité : atteinte des muqueuses oculaire, buccale ou génitale, fièvre, ganglions, érosion cutanée. La notice du médicament a été modifiée, annonce-t-elle.


Source : legeneraliste.fr