Nouvelle suspicion sur le lien rapports buccogénitaux-cancers buccaux
Brève

Nouvelle suspicion sur le lien rapports buccogénitaux-cancers buccaux

21.02.2011

Faudra-t-il vacciner aussi les garçons contre le papillomavirus ? Le Dr Maura Gillison n’est pas loin de répondre par l’affirmative. Cette professeur de médecine à l'Université d'Ohio (nord) a présenté ce week-end à Washington à l'Assemblée annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS) une communication qui montre que le fait d'avoir des rapports buccogénitaux avec plus de six partenaires dans sa vie multiplie le risque d’avoir un cancer de la bouche ou de la gorge par huit au moins. L’universitaire américaine suggère (comme l’avaient fait avant elle en octobre dernier des chercheurs suédois) que certains papillomavirus (HPV) seraient en cause. Les personnes infectées par ces virus, notamment la souche HPV-16, «ont un risque de cancer oropharyngé 32 fois supérieur à celui du reste de la population, ce qui est nettement supérieur au danger représenté par le tabac,» a expliqué ce médecin, qui travaille sur cette question depuis une quinzaine d'années. En outre, la progression la plus rapide a été constatée chez les jeunes hommes blancs, a noté le Dr Gillison.

Au total, les cancers de la cavité buccale et de la gorge ont progressé aux Etats-Unis de 225% de 1974 à 2007 dont une grande partie chez des personnes pratiquant fellation ou cunnilingus. Le médecin a cependant relevé qu'il s'agissait d'études observationnelles qui doivent encore être confirmées par d'autres recherches statistiques. Pour la prévention, elle recommande une vaccination, également pour les hommes, qui protège contre quatre souches de papillomavirus, mais elle reste prudente: «nous n'avons pas les données pour pouvoir affirmer qu'une vaccination peut empêcher l'infection par ces virus» a t-elle prévenu, concluant que le risque absolu de développer un cancer bucco-pharyngé demeurait faible. Les caresses bucco-sexuelles sont la pratique la plus courante parmi les adolescents aux Etats-Unis, a de son côté indiqué le Dr Bonnie Halpern-Felsher, professeur de médecine pédiatrique à l'Université de Californie à San Francisco (ouest), auteur d'une recherche sur ce sujet. «Cette recherche montre clairement que les jeunes voient la fellation comme moins risquée que l'acte sexuel conventionnel.»

Source : Legeneraliste.fr
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