« Des médecins ne peuvent pas jeter le trouble, les vaccins sauvent des vies », clame le Dr Bouet, président de l'Ordre

« Des médecins ne peuvent pas jeter le trouble, les vaccins sauvent des vies », clame le Dr Bouet, président de l'Ordre

Christophe Gattuso
| 08.11.2017

Au moment où certains praticiens s'opposent à l'extension de l'obligation à 11 vaccins pour les enfants de moins de deux ans, le président de l'Ordre des médecins, le Dr Patrick Bouet remet les pendules à l'heure. ll met en garde : les professionnels qui relaieront des arguments contraires aux données de la science pourront être poursuivis. « Quelles que soient les convictions personnelles d'un professionnel, il se doit de protéger ceux qui l'entourent. Il n'y a pas de débat », clame-t-il dans une interview exclusive au Généraliste.

  • Dr Patrick Bouet

LE GÉNÉRALISTE : Les médecins peuvent-ils, comme certains le font ouvertement, exprimer leur opposition à l'extension de l'obligation à 11 vaccins pour les enfants de moins de deux ans ?

Dr PATRICK BOUET : Il faut que les médecins sachent que s'ils n'adoptent pas une attitude conforme aux données de la science ou s'ils mettent en danger les patients, ils devront en assumer les responsabilités. Nous avons porté plainte contre un certain nombre de praticiens plus ou moins connus car l'opinion qu'ils exprimaient ne reposait pas sur des faits scientifiques. Nous avons également engagé des poursuites contre des médecins pour des refus de vaccination obligatoire ou pour des faux certificats de vaccination et ces praticiens ont été condamnés.

Quand un praticien invite ses confrères à ne pas vacciner un enfant au motif qu'il pourrait être allergique au vaccin ou car il est allaité par sa mère, franchit-il la ligne jaune ?

On en est très proche ! Un médecin se doit de protéger la vie et la santé de ses patients. La vaccination est ce qui protège le mieux l'individu et la collectivité d'un risque majeur. Quelles que soient les convictions personnelles d'un professionnel, il se doit de protéger ceux qui l'entourent. Il n'y a pas de débat, c'est sa responsabilité médicale.

Allez-vous accélérer l'examen en appel prévu au premier trimestre 2018 de la radiation du Pr Henri Joyeux, qui a tenu ces propos ?

Il ne m'appartient pas d'accélérer les procédures disciplinaires. Ce médecin a fait appel et j'espère vivement que la sanction sera confirmée par la juridiction. L'Ordre des médecins sera très vigilant sur les propos qui seront tenus au sujet de la vaccination. Dès lors que nous estimerons que ces propos comportent une infraction déontologique, nous demanderons aux instances disciplinaires de statuer. Les avis exprimés mardi étaient très limites et donneront lieu à un débat en conseil. 

L'Ordre s'est prononcé en faveur de l'extension de l'obligation vaccinale pour les moins de deux ans à titre temporaire à partir de 2018. Pourquoi est-il important de soutenir cette mesure ?

Je le redis solennellement et avec conviction, nous soutenons l'initiative de la ministre de la Santé car, dans le climat actuel, il est primordial de protéger l'individu et la collectivité. Créer l'obligation pour ces vaccins dont nous savons qu'ils protègent et sauvent des vies, c'est une action de santé publique ! En disant celà, je n'ai pas le sentiment de me "mettre à genoux devant le gouvernement" ou d'être à la solde des laboratoires, comme certains l'ont affirmé.

Comprenez-vous qu'il puisse y avoir un débat au sein de la communauté médicale autour de l'obligation vaccinale dans la patrie de Pasteur ?

Je comprends que des personnes, quelles qu'elles soient, puissent s'interroger sur le médicament, sur le vaccin, sur leurs effets potentiels. Notre société a besoin d'informations. Je comprends moins cependant que des médecins puissent mettre en avant des affirmations infondées pour augmenter le trouble dans la population. Que feront-ils demain quand il y aura une épidémie d'encéphalite rougeoleuse ? Auront-ils le courage d'assumer leurs déclarations ? Je ne veux pas être de ces médecins qui devraient regarder ces déclarations si une épidémie venait à provoquer la mort de plusieurs enfants à cause d'une épidémie car ils n'ont pas été vaccinés. Non, la responsabilité d'un médecin, c'est d'informer, expliquer les risques. Les vaccins sauvent des vies et quand une nouvelle maladie apparaît, que demande-t-on? Où en est le vaccin? C'est tout. Ce débat sert un certain nombre d'individus mais il ne sert pas la collectivité publique.

L'Ordre s'est prononcé en faveur de l'obligation vaccination antigrippale pour les médecins. Comment convaincre la profession dont une grande partie n'est pas vaccinée ?

Nous estimons qu'il faut donner un caractère obligatoire à la vaccination antigripale chez tous les personnels de santé. Nous continuons de penser que les professions de santé doivent être exemplaires. Se vacciner, c'est montrer que l'on est convaincu du bien-fondé de l'action que l'on mène. La vaccination antigrippale nous apparaît être une exigence déontologique. C'est la raison pour laquelle nous conseillons au ministère de la Santé et au gouvernement de mettre en place l'obligation vaccinale des personnels de santé exerçant dans des collectivités et l'exigibilité vaccinale pour les personnes hébergées en EHPAD.

Source : Legeneraliste.fr

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