Si « Le Généraliste » était paru en 1911 - Fin de règne pour les sangsues

Si « Le Généraliste » était paru en 1911Fin de règne pour les sangsues

Alain Létot
| 26.09.2016
  • Histoire


La sangsue qui régnait en souveraine, il y a un demi-siècle, est aujourd’hui tout près de disparaître, détrônée par la ventouse, simple ou scarifiée. Avant 1870, une dizaine de commerçants parisiens s’occupaient du tarif en gros de ce gibier pharmaceutique. Chacun d’eux vendait mensuellement de 300 000 à 400 000 sangsues à raison de 250 francs le mille. Aujourd’hui, Paris n’a plus guère qu’un seul établissement affecté à ce négoce ; le chiffre de son débit est tombé à 130 000 par mois ; le prix du mille à 70 et même 60 francs. L’Assistance Publique qui, en 1884, lui achetait pour 80 000 francs d’annélides, lui en prend à peine pour 200. Sans l’exportation, l’élevage ne ferait plus vivre son homme. Heureusement, les États-Unis restent fidèles à la vieille méthode ; ce sont les gros clients sur le marché de la sangsue.

L’hirudiniculteur exerçait autrefois son industrie aux environs de Bordeaux ; là, dans des marais artificiels, il nourrissait ses pensionnaires aux dépens de vieux chevaux infirmes auxquels on imposait cinq à six fois par mois des bains de pieds perfides qui les saignaient à blanc. Maintenant, on n’élève plus la sangsue, on la pêche en Croatie, en Dalmatie, en Turquie ; on l’expédie en panier comme des huîtres ou dans des caisses garnies de tourbe : arrivée en France, elle est placée au fond d’une cave obscure, dans des casiers enduits d’argile où elle attend, sans aucune nourriture, le moment de se venger sur le malade.

Si l’Assistance Publique a renoncé à ses services, l’administration de la marine y a encore recours et M. Jacques Boyer raconte une bien jolie histoire d’un bocal de sangsues acheté en 1907. Chaque bestiole, sortie du bocal, est l’objet d’une écriture : « bon de délivrance ». Or il arriva que cinq sangsues moururent de leur belle mort, sans « bon de délivrance ». Il fallut deux années d’enquête, de renvois aux Commissions et de rapports aux ministres pour justifier leur disparition « par cas de force majeure ».

(« La Gazette médicale de Paris », août 1911)

Source : Legeneraliste.fr

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
Réseaux sociaux

Les réseaux sociaux, une nouvelle méthode de recherche scientifique

Les Français parlent de plus en plus de leur santé sur le web. Trois citoyens sur dix ont déjà évoqué ce sujet sur la toile, dont 73 % sur les réseaux sociaux, révèle un sondage Odoxa pour le...Commenter

Des jeunes généralistes s'opposent à la dématérialisation obligatoire des arrêts de travail

Arrêts de travail

Oui à la dématérialisation des arrêts de travail, mais non à son obligation. Dans un communiqué, le Syndicat national des jeunes médecins... 1

En Chine, un robot joue les généralistes pour pallier le manque de médecins

.

En Chine, on ne mise pas sur les assistants médicaux pour remédier à la désertification médicale mais sur les robots. La société iFlytek a... Commenter

ORL  UNE DOULEUR PHARYNGÉE PERSISTANTE Abonné

ORL -  UNE DOULEUR PHARYNGÉE PERSISTANTE-0

Si des symptômes ORL persistent, même en l’absence de lésion évidente il faut rapidement adresser le patient à l’ORL pour rechercher une... Commenter

Anticoagulation LES AOD PASSÉS AU CRIBLE Abonné

Thrombose

Cette étude britannique du BMJ a comparé les risques et les bénéfices des trois AOD les plus prescrits à ceux de la warfarine. Les données... Commenter

A découvrir