Si « Le Généraliste » était paru en mai 1912 - L’enfumage  iodé en gynécologie

Si « Le Généraliste » était paru en mai 1912L’enfumage  iodé en gynécologie

Alain Létot
| 24.05.2016
  • Histoire

M. Reynès (de Marseille) vient de nous démontrer tous les avantages qu’il y avait à tirer, dans la thérapeutique gynécologique de l’enfumage iodé. Celui-ci peut être utilisé de diverses façons,  l’une des plus simples consistant à introduire un spéculum dans le vagin et à bien exposer entre ses valves le col malade. Avec des tampons ou des gazes, on enlève toutes les sécrétions muqueuses, glaireuses, catarrhales, purulentes ou hémorragiques.

Cela fait, on coiffe une pince hémostatique un peu longue, ou une pince à pansement, ou une tige porte-coton, avec une petite houppe de coton, bien fixée mais peu tassée. On trempe la pince ou la tige dans un pot contenant de l’iodoforme et on les retire imprégnés d’iodoforme, sans excès. Un foyer quelconque, allumette, bougie, lampe à alcool, bec de gaz, est rapproché de la vulve et enflamme le coton ; celui-ci brûle instantanément ; puis, sous l’influence de la chaleur, l’iodoforme se décompose et produit un beau nuage violet améthyste de vapeurs d’iodoforme et d’acide iodhydrique. Sitôt le coton brûlé, le tampon générateur de vapeurs d’iode est introduit au fond du vagin, tout près du col, sans le toucher : les vapeurs iodées emplissent toute la cavité et brunissent le col sur lequel elles se déposent en couleur caroube.

Ce système est d’une extrême simplicité et peut s’appliquer partout, dans les villes comme dans les campagnes.

Un autre système consiste à se servir d’enfumoirs. Un enfumoir comprend une ampoule de verre recuit contenant de l’iodoforme, qu’on chauffera sur une lampe à alcool ou un bec de gaz : c’est l’ampoule génératrice des vapeurs naissantes d’iode. Cette ampoule est munie de deux tubulures : l’une est en rapport avec une poire à insufflation, l’autre représente un tube de verre, plus ou moins large à son extrémité libre, droite ou recourbée ; ce tube constitue le localisateur et permet de pousser dans le vagin, contre le col, les vapeurs refoulées par la poire d’insufflation. Il est facile de construire soi-même ces petits appareils.

Quel que soit le moyen employé, ces vapeurs d’iode dégagées au fond du vagin y sont maintenues par une gaze ou un tampon de coton stérilisé muni d’une ficelle d’extraction. Très rarement, elles causent une sensation d’âcreté, de chaleur ou de légère irritation ; mais, en somme, ce traitement est indolore.

Il peut être renouvelé deux fois par semaine.

Les maladies justiciables de cet enfumage iodé sont surtout les métrites cervicales ulcéreuses, les cervicites, les métrites granuleuses.

Les endométrites glandulo-hypertrophiques catarrhales, tenant surtout à des lésions endo-cervicales glandulaires, relèvent moins de l’enfumage : le massage évacuateur avec les dilatateurs sera plus utile.

Les épithéliomes ulcéreux et bourgeonnant sont très heureusement modifiés par l’enfumage : il faut d’abord cureter toute la portion bourgeonnante hémorragique, septique, douloureuse, et arriver ainsi, après s’être débarrassé du « gazon végétant », sur un fond de tissu, néoplasique mais moins dégénéré, sur lequel l’action assainissante des topiques s’exerce mieux. Ainsi traités, les cancers utérins –inopérables ou récidivés – sont, non pas guéris, mais bien soignés, désinfectés, désodorisés pour le plus grand profit des malades qui trouvent, ainsi, une amélioration locale et générale.

Pourra-t-on demander plus encore à l’enfumage iodé en gynécologie ? Des tubes intra-utérins peuvent permettre d’introduire les vapeurs dans la cavité utérine cervico-corporéale préalablement dilatée. Deux des élèves de M. Reynès, MM. Buges, et Escande, viennent de faire des essais dans ce sens sur des métrites post-abortum ;  la question est encore à l’étude.

Telles sont, actuellement, les conditions générales d’application de l’enfumage iodé en gynécologie. C’est une méthode si simple et si inoffensive que chacun pourra l’essayer  et se faire une opinion sur cette nouvelle thérapeutique locale.

(« La Presse médicale », 1912)

Source : Legeneraliste.fr

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