Si « Le Généraliste » était paru en février 1920 - Malade pas guéri, médecin pas payé !

Si « Le Généraliste » était paru en février 1920Malade pas guéri, médecin pas payé !

Alain Létot
| 11.02.2016
  • Histoire

 

Un jugement récemment rendu par un tribunal bolcheviste à Petrograd reconnaît aux malades qui n’ont pas été guéris le droit de ne pas payer leur médecin. À ce propos, on peut rappeler l’histoire de Sir Walter Strikland qui était affligé d’un asthme dont il souffrait beaucoup. Pour s’assurer les secours dont il avait besoin, il fit avec son médecin le traité suivant :

« Le 26 avril de la dix-huitième année du règne de Henry VIII, nous soussignés, sir Walter Strikland, chevalier, d’une part, et Alexandre Kennet, docteur en médecine, d’autre part, sommes convenus de ce qui suit : moi, Alexandre, m’engage, avec le secours et la permission de Dieu, à rétablir la santé de sir Walter Strikland, à le guérir de toutes les infirmités qui attaquent sa personne en général et son estomac en particulier, qui est la partie actuellement la plus souffrante de son corps, à lui administrer tous les remèdes que la médecine et l’expérience peuvent fournir et à apporter tous mes soins à rendre sa cure la plus prompte qu’il soit possible.

Je promets, en outre, de ne point le quitter sans sa permission, qu’il ne soit parfaitement rétabli ; et moi, sir Walter Strikland, je promets en reconnaissance des bons soins d’Alexandre, de lui payer vingt livres sterling en monnaie courante et bonne du pays, de la manière qui suit ; il sera donné cinq livres au dit Alexandre le premier mai prochain et le reste sera payé en parties égales en différents temps,  mon choix, afin d’indemniser le dit Alexandre des dépenses qu’il fera en remèdes pour me rendre la santé. Et moi, Alexandre, déclare et reconnais que je serai content de la somme entière desdites vingt livres pour la récompense de mes soins et le paiement de mes remèdes. En foi de quoi nous avons signé le présent acte. Fait double et scellé de nos sceaux respectifs, les jour et an ci-dessus. »

Les soins du médecin n’eurent pas le succès qu’il en attendait : sir Walter Strikland mourut le 9 janvier de l’année suivante ; le médecin n’avait reçu que sept livres sterling et les héritiers de sir Walter lui refusèrent le reste de la somme, parce que, selon l’acte, il ne lui était payable que lorsqu’il aurait guéri son malade.

(« Mercure de France », février 1920)

 

Source : Legeneraliste.fr
Commentez Commenter

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

| S’inscrire gratuitement

|

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
Vincent Renard

[VIDEO] Congrès des généralistes enseignants « L'injonction d'obligation vaccinale fait le lit des mouvements antivaccins », selon le patron du CNGE

Congrès du CNGE jour 2. La grande plénière d'aujourd'hui est consacrée à un sujet qui agite l’opinion publique, le monde médical et le collège des généralistes enseignants : l’extension de l...2

[Vidéo] Une greffe de peau sur 95% du corps entre vrais jumeaux

[Vidéo] Une greffe de peau sur 95% du corps entre vrais jumeaux-0

  Ce n’est pas la première fois que l’on effectue une greffe de peau entre jumeaux homozygotes, mais jamais, une telle opération n’a... Commenter

Les déserts médicaux disparaîtront d'ici « 7 à 8 ans » sans conventionnement sélectif, prédit le Dr Philippe Vermesch (SML)

Philippe Vermesch

Invité à débattre de la désertification médicale mercredi sur Public Sénat, le Dr Philippe Vermesch, président du Syndicat des médecins... 5

Infectiologie SPORT ET PATHOLOGIES INFECTIEUSES DE L'ENFANT Abonné

Sport

Les pédiatres infectiologues américains viennent de publier des recommandations sur la prise en charge et la prévention des pathologies... Commenter

Nutrition BOISSONS ÉNERGISANTES : PAS SANS RISQUES Abonné

boisson

Elles connaissent un franc succès auprès des jeunes, sportifs ou non. Cocktails de stimulants comme la caféine, la taurine, le... Commenter

A découvrir