C'est arrivé le 31 décembre 1766 - Naissance de Spurzheim, popularisateur de la phrénologie

C'est arrivé le 31 décembre 1766Naissance de Spurzheim, popularisateur de la phrénologie

31.12.2015
  • éphéméride

Le physiologiste allemand Johann Gaspar Spurzheim  est né à Longuich, près de Trèves, le 31 décembre 1766. S'il est passé  la postérité, c'est pour avoir popularisé la  "physiologie intellectuelle" du neuroanatomiste allemand Franz-Joseph Gall.  Depuis l'obtention de son diplôme de médecin à Vienne, ce dernier avait concentré ses recherches sur les fonctions cérébrales et, plus particulièrement, les relations entre la matière grise et la matière blanche qui composent le cerveau.  Après s'être exilé à Berlin, en raison  des foudres de l'église autrichienne  qui voyait ses travaux d'un mauvais oeil, Gall développa la crânioscopie, discipline selon laquelle il y aurait un lien direct  entre facultés mentales, anatomie cérébrale et morphologie du crâne. Il s'était, en effet, rendu compte en observant les étudiants de l'école qu'il avait créé à Berlin que les plus brillants avaient les yeux protubérants.  Le médecin allemand en conclut que les déformations à la surface du crâne sont dues à la pression des organes du cerveau liés à telle ou telle faculté mentale. Ceux chez qui ces organes sont très développés présenteront donc une bosse à la surface du crâne en regard de cette région du cerveau. Gall va ainsi attribuer au cerveau une trentaine de localisations pour l'amour physique, l'amitié, l'esprit métaphysique, etc.

Les théories rencontrèrent un certain succès et Gall, après s'être installé à Paris devenu le lieu de villégiature des plus éminents médecins européens,  s'adjoignit la collaboration de Johann Gaspar Spurzheim qui était devenu son collaborateur en 1798 après lui avoir adressé une lettre sur les « fonctions du cerveau, chez l'homme et les animaux ». Spurzheim popularisa alors en Allemagne, en Angleterre et jusqu'aux Etats-Unis  la  crânioscopie de Gall en la rebaptisant phrénologie. Il concourut aussi  à l'écriture de l'ouvrage de Gall paru en 1810 à Paris intitulé " Anatomie et physiologie du système nerveux en général, et du cerveau en particulier, avec des observations sur la possibilité de reconnaître plusieurs dispositions intellectuelles et morales de l'homme et des animaux par la configuration de leur tête ".

Une « carte » du cerveau

Dans ce livre, les deux hommes  localisaient  les fonctions cérébrales dans des régions précises du cerveau. Or le développement du cerveau influe sur la forme du crâne. Une capacité particulièrement développée (gaieté, causalité, bienveillance, etc.) inscrirait donc sa trace sur la « carte » qui apparaît sur le crâne phrénologique de Gall.Celui-ci en avait eu l'intuition en observant les bosses que nous avons tous au niveau de la voûte crânienne. En fait, elles se forment au moment de la petite enfance, en fonction de la façon dont l'enfant est couché.

Pour  valider scientifiquement son hypothèse,  Gall, assisté de Spurzheim,  réalisa plusieurs  centaines de bustes en plâtre, moulés directement sur des sujets particuliers : microcéphales, « idiots », etc. Ses élèves et lui-même proposèrent des séries statistiques pour corréler les traits de caractère à la forme de la voûte crânienne. Ces études de céphalognomonie furent toutefois entachées de biais de sélection ou d'interprétation.

Tout en collaborant avec Gall, Spurzheim publia lui-même des traités sur la Folie (1817), sur les Principes de l'éducation (1821), sur la Nature morale et intellectuelle de l'homme (1832) et fit subir au système de Gall quelques modifications, soit en y ajoutant des facultés nouvelles soit en assignant une autre place aux facultés déjà admises.

« Avoir la bosse des maths »

En France, les  théories de Gall et Spurzheim  furent accueillies favorablement par les médecins de l'École de Paris qui recherchaient une localisation lésionnelle organique à tout trouble nerveux.  La phrénologie connut son âge d'or sous Louis-Philippe et la Révolution de Juillet de 1830 avec la création de la société phrénologique de Paris le 14 janvier 1831 sous l'impulsion de François Broussais. Mais, en dehors de la phrénologie médicale, elle resta  un mouvement marginal et on n'entendit plus parler de crânioscopie ou de phrénologie après la révolution de 1848. Disqualifiée par les scientifiques,  la phrénologie est néanmoins resté dans la mémoire populaire avec des expressions comme « avoir la bosse des maths » ou « la bosse du commerce ».

Quant à Johann Gaspar Spurzheim, il mourut dans un relatif oubli le 10 novembre 1832 à Boston.

Source : Legeneraliste.fr

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