Si  « Le Généraliste » était paru en décembre 1910 - La folie de Robert Schumann

Si  « Le Généraliste » était paru en décembre 1910La folie de Robert Schumann

Alain Létot
| 21.12.2015
  • histoire





A-t-on dit que Schumann avait une hérédité assez lourde et que, notamment, son père s'était dans un accès de « fièvre chaude » précipité dans le Rhin ? Condamné à la vie par un sauveteur, écrit M. Chantavoine, il végéta deux ans à la maison de santé d'Endenich, près de Bonn, où il devait mourir en 1856.


Les lettres de jeunesse de Robert Schumann laissaient pressentir quelque chose de cette ruine affreuse et précoce. Âgé de dix-neuf ans, à Heidelberg, il écrit un jour à sa mère : « Soit dit en passant, ma maison touche, d'un côté à la maison des fous, de l'autre à l'église catholique, de sorte que je me demande s'il ne me faudra pas choisir entre devenir fou et catholique ».

Beaucoup plus morbides que ces idées passagères est une sensibilité qui se traduit quelquefois, chez le jeune Schumann, par de véritables phobies. « Je n'ai pas le courage, écrit-il à sa mère, le 27 novembre 1833, de faire le voyage seul d'ici (Leipzig) à Zwickau, de peur qu'il ne m'arrive quelque chose !... Violents afflux de sang, angoisses inexprimables, impossibilité de respirer, impuissance des sens, se succèdent encore rapidement... ».

Brahms, l'ami de Robert Schumann, avait aussi noté chez lui, dans les dernières années de sa vie, de l'incohérence, une difficulté croissante à articuler le moindre mot. L'autopsie du célèbre compositeur révéla les lésions caractéristiques de la « méningo-encéphalite chronique avec atrophie de la masse cérébrale ». Se basant sur cet ensemble de manifestations et examinant successivement, chez le sujet soumis à ses investigations posthumes,  « les pressentiments, les perceptions télépathiques, les pratiques spirites, les phénomènes hallucinatoires pseudo-spirites », un psychiatre italien bien connu, Enrico Morselli,  en conclut que « malgré les apparences, aucun phénomène psychique supernormal ne se produisit chez Schumann ; mais son cas, réduit à ses vraies proportions, n'en offre pas moins un puissant intérêt ».

(La Chronique médicale, décembre 1910)


Source : Legeneraliste.fr
Commentez Commenter

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

| S’inscrire gratuitement

|

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
Consultation personne obèse

Obésité des patients : gare à la grossophobie !

Consulter pour une angine et repartir avec une bonne leçon sur la chirurgie bariatrique. L’expérience, vécue par Daria, cofondatrice du collectif Gras politique, peut laisser des traces. « À peine...5

À Bourth, une généraliste file à l'anglaise

Désert médical

« Comptez sur moi, je viendrai avec vous aux vœux ». La promesse faite par le Dr S. au maire de Bourth (Eure) Jacky Vivier s’est envolée. À... 10

Idomed, la solution télémédecine pour pallier au manque de visites à Paris

telemedecine

Idomed : infirmière à domicile et médecin à distance. Derrière ce nom et ce concept se cache un projet de télémédecine qui se lance cette... 1

Urologie L’hyperactivité vésicale Abonné

Urologie - L’hyperactivité vésicale-0

Même si, chez la femme, ce syndrome est assez souvent idiopathique, il est important de rechercher et de traiter les causes sous-jacentes.... Commenter

Recommandation SATURNISME : QUELS ENFANTS DÉPISTER ? Abonné

peinture plomb

Le Haut conseil de santé publique (HCSP) vient d’actualiser ses recommandations sur le dépistage et la prise en charge des intoxications... Commenter

A découvrir