C’est arrivé le 26 novembre 1832 - Naissance de Mary Edwards Walker

C’est arrivé le 26 novembre 1832Naissance de Mary Edwards Walker

Alain Létot
| 26.11.2015
  • éphéméride



Seule femme à avoir reçu la Medal of Honor, la plus haute décoration de l'armée américaine, la chirurgienne Mary Edwards Walker mena une vie trépidante qui la vit tour à tour féministe, abolitionniste et prohibitionniste. Dès l’adolescence, elle refuse de porter des vêtements féminins Mary Edwards Walker est née à Oswego dans une famille de fermiers.

Comme ses cinq sœurs et son frère, elle travaille dans l’exploitation familiale mais refuse de porter des vêtements féminins car elle les juge trop contraignants. Parallèlement, elle va à l'école locale ou sa mère est enseignante. Elle poursuit ensuite ses études au Syracuse Medical College, les finançant en donnant des cours dans une école élémentaire. Elle obtient son diplôme de docteur en médecine en 1855, seule femme de sa promotion.

La même année, elle se marie avec un de ses confrères, Albert Miller, avec lequel elle ouvre un cabinet. Elle a peu de patients car, à cette époque, les femmes médecins ne sont pas très bien considérées…

Chirurgienne volontaire dans l’Armée de l’Union

Lorsque la guerre de Sécession éclate, Mary Edwards Walker se porte volontaire pour servir dans l’armée nordiste comme chirurgien. Mais l’armée qui n’a pas l’habitude d’engager des chirurgiens de sexe féminin ne l’accepte au début que comme infirmière.

Mais, finalement, elle fait ses preuves et exerce bénévolement ses talents de chirurgien à proximité des lignes de l'Union, lors des batailles de Fredericksburg et de Chickamauga.

Prisonnière des Sudistes

Nommée chirurgien assistant dans l'armée du Cumberland en septembre 1863, elle devient ainsi l'unique femme chirurgien de l'armée américaine. Elle est ensuite nommée chirurgien assistant au sein du 52e régiment d'infanterie de l'Ohio. C’est alors qu’elle est faite prisonnière par les troupes sudistes, après avoir traversé les lignes pour soigner des civils blessés. Considérée comme espionne, elle passe devant un tribunal militaire.

Emprisonnée pendant quatre mois à Richmond, elle est ensuite échangée le 12 août 1864 avec des prisonniers confédérés. Elle soigne alors les blessés de la bataille d'Atlanta, puis supervise une prison pour femmes de Louisville, avant de prendre en charge la direction d'un orphelinat dans le Tennessee. La guerre de Sécession terminée, Mary Edwards Walker reçoit la Medal of Honor, honneur insigne puisque parmi les huit civils à en avoir été décorés, elle est la seule femme. Elle se tourne alors vers l’écriture, fait des conférences et apporte son soutien au développement des services médicaux et aux ligues de tempérance.

Une des premières suffragettes

Cette femme de tête apporte à la même époque son soutien au mouvement des suffragettes américaines Le mouvement défend d'abord la théorie du Dr Walker selon laquelle les femmes avaient de fait déjà le droit de vote et que le Congrès devait simplement appliquer ce droit en rédigeant une loi. Au bout de plusieurs années de combat stérile, le mouvement décide de changer de stratégie et travaille à la rédaction d'un nouvel amendement constitutionnel. Mary Walker s’y oppose et se marginalise au sein du mouvement. Même si elle continue d’assister aux réunions du mouvement et à défendre ses positions, elle est ignorée des autres membres. Son inclination à porter des vêtements masculins, y compris un haut-de-forme, ne fait qu'aggraver la situation.

Mary Walker est morte le 21 février 1919, à l'âge de 86 ans et repose au Rural Cemetery d'Oswego. Lors de son enterrement, un drapeau américain est posé sur son cercueil et elle est enterrée en costume noir et non en robe, selon ses dernières volontés. Un an plus tard, le XIXe amendement de la Constitution des États-Unis, qui donne le droit de vote aux femmes, est adopté.


Source : Legeneraliste.fr
Commentez Commenter

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

| S’inscrire gratuitement

|

A LA UNE sur le GENERALISTE.FR

add
Harcèlement

86 % des internes victimes de sexisme, 1 sur 10 de harcèlement sexuel

L’heure est à la dénonciation des comportements sexistes et du harcèlement, mais les internes en médecine n’ont pas attendu l’affaire Weinstein pour s’en préoccuper. En septembre dernier, l...3

Thyrofix, une cinquième spécialité à base de lévothyroxine disponible dès décembre

Pharmacie

Après le Lévothyrox, l’Euthyrox, la L-Thyroxin Henning, et L-Thyroxine Serb en gouttes voilà le Thyrofix. Dans un communiqué publié ce... 5

Le Sénat a peu retouché le PLFSS 2018 qui sera soumis au vote mardi

Sénat

En attendant le vote solennel de mardi, les sénateurs ont bouclé l'examen en première lecture du projet de loi de financement de la... Commenter

Infectiologie SPORT ET PATHOLOGIES INFECTIEUSES DE L'ENFANT Abonné

Sport

Les pédiatres infectiologues américains viennent de publier des recommandations sur la prise en charge et la prévention des pathologies... Commenter

Nutrition BOISSONS ÉNERGISANTES : PAS SANS RISQUES Abonné

boisson

Elles connaissent un franc succès auprès des jeunes, sportifs ou non. Cocktails de stimulants comme la caféine, la taurine, le... Commenter

A découvrir